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3 questions à Cécile Méal

11.01.2018
Méal

Cécile Méal, 30 ans, est interne en chirurgie reconstructrice au CHU de Rennes. Elle a reçu le Prix des Chirurgiens de l’Avenir 2017 dans le parcours 3R.

Cécile Méal

Sur quoi avez-vous travaillé au cours de votre année de recherche ? 

Aujourd’hui, les patients qui reçoivent des greffes de cellules souches de moelle osseuse dans le traitement de lymphomes, de leucémies aigues ou de myélomes, sont confrontés à certaines complications graves. J’ai évalué l’efficacité de l’injection de cellules issues du tissu adipeux – appelées cellules stromales mésenchymateuses – sur une pathologie baptisée GVHD (Graft Versus Host Disease), qui est une complication extrêmement grave de la greffe des cellules souches hématopoïétiques utilisées dans le don de moelle osseuse. Dans certains cas en effet, les cellules immunitaires du donneur attaquent l’organisme du receveur, qui est alors reconnu comme un corps étranger. J’ai ainsi testé sur des modèles de souris l’effet de certaines cellules issues du tissu adipeux pour essayer de montrer qu’elles étaient aussi efficaces, voire meilleures, en termes de complications.

Quelle est l’origine de votre vocation de chirurgienne et pourquoi avez-vous souhaité faire de la recherche ?

J’ai toujours voulu faire de la chirurgie plastique parce que c’est très « pratico-pratique » et que l’aspect de reconstruction me plaît beaucoup. C’est technique et concret, ce qui me convient bien. Aujourd’hui, la reconstruction en chirurgie plastique va de pair avec la recherche parce que les capacités du tissu adipeux commencent à être découvertes. Les cellules souches contenues dans le gras permettent d’envisager des reconstructions et la régénération de tissus, ce qui m’intéresse énormément dans le cadre de ma spécialité. Il y a très peu de recherche en chirurgie plastique pour l’instant. Et je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire.

Que représente ce Prix des Chirurgiens de l’Avenir pour vous et comment envisagez-vous la suite de votre parcours ?

C’est un très bel encouragement, parce que l’on arrête l’internat de chirurgie pendant un an et que l’on se lance dans une voie inconnue. Au CHU de Rennes, très peu de mes camarades étudiants en médecine font des masters et beaucoup m’ont demandé un peu étonnés si j’étais certaine de mon choix. On prend un risque. Au début, on se remet un peu en question en se disant qu’un an, cela sera long, et parce qu’on a des déceptions quand certaines de nos expériences ne fonctionnent pas. Et finalement, à la fin, on se dit qu’on a mené un beau projet et vécu une belle expérience. Et puis on apprend à penser différemment, c’est important.

 

10e édition des Prix des Chirurgiens de l'Avenir


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