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Et si le cancer devenait une maladie chronique ?

Les recherches sur les cancers se poursuivent et des avancées quotidiennes permettent aujourd’hui de sortir de l’équation CANCER = SOUFFRANCE = MORT. Le docteur Nicolas Mottet (Clinique Mutualiste de Saint-Étienne) nous parle des nouveaux traitements et de l’évolution de la prise en charge des cancers.

Peut-on parler d’évolutions dans l’incidence des cancers ?
La répartition relative des cancers n’a pas évolué. Du fait de dépistages plus systématiques, le nombre de cancers constatés continue d’augmenter.
Les évolutions de la démographie expliquent en grande partie cette progression : la majorité des cancers se développe chez les personnes les plus âgées. Mais on sait aussi que la consommation de tabac ou une mauvaise alimentation sont responsables de certains cancers et qu’un changement des habitudes de consommation permettrait d’en éviter un bon nombre.

Peut-on parler d’une évolution dans l’approche thérapeutique des cancers ?
En cancérologie, le vieillissement de la population est une donnée essentielle et le développement de l’oncogériatrie devient fondamental. Doit-on avoir la même attitude face à un patient de 50 ans ou de 90 ans en mauvais état physique ? Et dans ce dernier cas, comment doit-on traiter les cancers qui n’évoluent qu’en 10 ou 15 ans ? Les patients âgés ont des spécificités (poly-médication, handicap, espérance de vie plus faible...) qu’il faut prendre en compte. Le recours aux “petites molécules” (antiangiogéniques, anti-tyrosine kinase - signaux et récepteurs des facteurs de croissance –, anticorps), en association ou plus récemment en remplacement des chimiothérapies, devrait également modifier l’approche thérapeutique. Elles stabilisent en effet les tumeurs et pourraient, dans certains cas, transformer le cancer en une maladie chronique. Les patients vivraient plus longtemps, avec une maladie stabilisée. La notion de stabilisation prolongée des cancers pourrait devenir un objectif intéressant.

Y a-t-il eu de grandes avancées thérapeutiques ces dernières années ?
La fiabilité des diagnostics a beaucoup progressé. On commence à comprendre pourquoi deux tumeurs, semblables en tout point, vont évoluer différemment. Toutefois, il faudra encore quelques années pour déterminer la “signature” particulière de chaque cancer. En attendant, on peut de mieux en mieux adapter les traitements en fonction du mécanisme moléculaire en cause et les combiner selon l’expression de telle ou telle molécule dans la tumeur. Les chercheurs s’intéressent de plus en plus à la toxicité des médicaments et à la balance efficacité/toxicité, pouvant conduire à ne pas utiliser des traitements trop toxiques pour des patients trop fragiles. Mais la recherche n’avancera vraiment qu’au travers d’essais cliniques. Il est primordial que ces essais s’imposent dans la culture médicale et dans celle des patients.

Au-delà des molécules, peut-on parler d’autres avancées thérapeutiques ?
Pour la première fois, on a mis au point un vaccin contre un virus dont on sait qu’il peut entraîner le cancer du col de l’utérus. On suppose aujourd’hui que ce vaccin pourrait être étendu à d’autres cancers. La vaccino-prévention constitue une véritable révolution en cancérologie.
Dans un autre domaine, on a aujourd’hui la preuve que les techniques d’irradiation ont permis des progrès énormes en cancérologie. Le ciblage des organes a été nettement amélioré, de même que le suivi des radiations, grâce à l’imagerie “portale”, ce qui permet d’augmenter le niveau d’irradiation et donc l’efficacité des traitements, tout en diminuant leur toxicité. La mise au point de nouveaux traceurs pour la tomographie par émission de positons (TEP) ou les nouveaux agents de contraste “spécialisés” constituent un réel progrès. Des agents de contraste sont ainsi développés en échographie, qui permettent une précision aussi fine qu’un IRM, pour un moindre coût.

L’imagerie fonctionnelle a-t-elle permis d’autres évolutions ?
Le développement des marqueurs a permis de mieux repérer les métastases et donc de mieux lutter contre les récidives. Mais est-ce que cela améliore la survie des patients ? Cette question reste fondamentale en cancérologie : par exemple, faut-il ou non dépister et traiter systématiquement le cancer du sein ou de la prostate ?
Même si elle peut sembler polémique, c’est une question majeure de santé publique. Il faut sortir de l’équation cancer = souffrance = mort. On sait que certains cancers diagnostiqués n’évolueront sans doute jamais, 20 à 50 % selon les estimations.
Par exemple, un homme de plus de 60 ans sur deux présente des cellules de cancer de la prostate, mais seule une infime minorité développera un cancer. Il vaudrait mieux parler des cancers et non du cancer et distinguer ceux qui n’évolueront jamais, et d’autre part ceux qui ne peuvent guérir, du moins en l’état actuel des recherches. Malheureusement, on ne dispose aujourd’hui d’aucun outil fiable qui permette d’affirmer si un cancer évoluera.
La question ne se pose pas avec un cancer comme le cancer du poumon ou celui du pancréas qui progressent toujours rapidement. Mais dans le cas des cancers de la prostate ou du rein, qui évoluent souvent lentement, on peut se demander, surtout chez des patients très âgés, si des traitements plus légers (par ultrasons, par exemple) ne seraient pas plus adaptés, d’autant plus si la maladie n’entraîne pas de symptômes gênants et n’engage pas par elle-même le pronostic vital. Il est essentiel de prendre en compte l’espérance de vie et sortir de l’équation diagnostic = traitement agressif, pour arriver à une prise en charge personnalisée pour chaque patient.

Copyright : photothèque INSERM


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