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Cancer primitif du foie : une nouvelle piste de traitement

Le nombre des cancers primitifs du foie ne cesse d’augmenter. Le professeur Étienne Garin (Rennes) a mis au point une nouvelle approche de radiothérapie vectorisée qui améliorera considérablement la prise en charge des patients.


En quoi le cancer du foie constitue-t-il un problème de santé publique ?
On compte 7 000 nouveaux cas de cancers primitifs du foie ou carcinomes hépatocellulaires (CHC) par an en France, qu’il faut distinguer des métastases secondaires hépatiques provenant d’un autre cancer. Ce cancer se développe habituellement sur des foies déjà malades, chez des patients atteints de cirrhoses de différentes origines : hépatites
virales chroniques (B et C), hémochromatose (maladie héréditaire provoquant une surcharge en fer, très fréquente en Bretagne), maladies alcooliques chroniques et d’autres pathologies du métabolisme.
L’incidence des carcinomes hépatocellulaires est en assez forte augmentation du fait de deux facteurs : on assiste à une recrudescence des hépatites virales en Europe et les patients atteints de pathologies hépatiques chroniques vivent plus vieux, ils ont donc “plus de temps” pour développer un cancer. Malheureusement, actuellement, les possibilités de guérison ne concernent que les formes peu évoluées de ce cancer.

 

Quels sont les traitements ?
Seul un tiers des patients peut être opéré ; on procède alors par transplantation hépatique (greffe du foie) ou par résection tumorale (mais le risque de récidive à 5 ans est de 80%). Pour les patients qui ne peuvent pas être opérés, on recourt à des traitements loco-régionaux que l’on injecte dans l’artère vascularisant le foie : la chimioembolisation (chimiothérapie associée à des particules injectables qui bloquent la vascularisation), ou radiothérapie interne vectorisée avec le lipiodol marqué à l’iode 131. Cependant, la chimioembolisation n’est efficace et bien tolérée que si le patient n’a développé qu’une ou deux tumeurs. Malheureusement, le CHC est généralement multifocal… Reste alors la radiothérapie interne vectorisée.
Les traitements ont grandement évolué avec la mise sur le marché du sorafénib, une molécule antiangiogénique (qui empêche le développement des cellules cancéreuses), associée à la radiothérapie vectorisée. La survie médiane a été améliorée : on est passé de 7,9 mois à 10,7 mois. C’est certes un progrès, mais qui ne règle pas le problème.

 

Qu’apporte votre projet ?
Actuellement, on utilise comme vecteur le lipiodol marqué à l’iode 131, fortement radioactif et qui n’est éliminé pour moitié qu’au bout de 8 jours. En outre, quand il se désagrège, il produit des rayons gamma qui irradient l’entourage. Le patient doit donc être isolé en chambre plombée pendant 8 jours, une période durant laquelle il ne peut pas recevoir de soins complémentaires. En outre, pour qu’il puisse sortir au bout de 8 jours, la quantité d’iode
131 injectée est limitée. Les patients sont donc sous-traités et il faut renouveler l’opération plusieurs fois pour un résultat satisfaisant.
Nous travaillons donc sur un nouveau marqueur du lipiodol, le rhénium 188 dont les atomes se désagrègent sans radiation gamma. La période d’élimination est de 17 heures. Les patients ne seront hospitalisés que 24 heures en chambre radioprotégée. Les doses de radioactivité injectées pourront être bien plus importantes : un seul traitement devrait être nécessaire avec de meilleures chances de destruction de la tumeur.
Nous avons également mis au point un émulsionneur-injecteur qui permet d’une part de protéger des radiations le personnel hospitalier et, d’autre part, de modifier la viscosité du mélange pour qu’il adhère mieux à la tumeur, ce qui accroît d’autant son efficacité. Les essais cliniques ont commencé et devraient se poursuivre jusqu’à fin 2011.

 

Copyright : photothèque CNRS



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