Qu’est ce que l’e-santé ?

infographie-chiffres-clés-e-santé-Fondation-de-l'Avenir_couverture

Le numérique influence fortement le domaine de la santé, bouleversant dès à présent la recherche médicale tout autant que l’organisation des soins.

(Propos extraits du « Petit guide d’exploration de la santé numérique » publié en 2015 par la Fondation de l’Avenir).

Définition de l’e-santé :

L’e-santé (ou santé numérique) fait référence à « l’application des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’ensemble des activités en rapport avec la santé ».

 

Historique de la santé numérique :

L’e-santé se développe de manière exponentielle et peut recouvrir des formes diverses et variées, concernant l’intégralité des domaines d’activité et des acteurs.

 

Le numérique est au cœur de l’innovation tant de la recherche clinique que dans la prise en charge et l’accompagnement des patients.

 

Amorcé dès les années 70 par l’informatisation des fonctions de gestion et par les premiers projets de dossier patient numérisé, le recours aux « nouvelles technologies de l’information et de la communication » dans le champ de la santé a connu depuis quarante ans à la fois, un intérêt soutenu – les investissements en la matière ont été considérables – et des échecs retentissants, nombreux et répétés.

C’est que la mise à disposition d’une technologie ne signifie pas son utilisation par des professionnels possédant de lourdes contraintes, une assez large autonomie, des pratiques tacites et une tradition respectable.

 

La situation, cependant, en ce milieu des années 2010 pourrait avoir brusquement et positivement changé. La mutation des générations pourrait s’être effectuée laissant la place à des praticiens tout autant attachés au métier que leurs prédécesseurs, mais plus sensibles aux contraintes économiques et aux ouvertures technologiques ; les patients, eux-mêmes, deviennent moins passifs, plus éduqués, toujours connectés et si, vieillissants, ils ne le sont pas, leurs enfants le sont pour eux ; en dépit d’utilisations encore souvent éphémères et d’une maturité technologique parfois incertaine, les objets connectés se diffusent.

 

Trois logiques bien connues animeraient ainsi le développement de l’e-santé :

    • Une logique de contrôle et de normalisation des comportements ouvrant sur des prescriptions et des injonctions plus serrées ; déjà à l’œuvre à l’égard de nombreux professionnels, cette logique pourrait s’étendre aux patients et, partant, à l’ensemble de la population ;
    • Une logique d’expression et d’affirmation des intérêts individuels régulés par des transactions explicites ou implicites ; cette logique pourrait se traduire, notamment, par une individualisation croissante de la couverture contre le risque maladie, par la marchandisation accrue des données de santé et par l’apparition de nouveaux acteurs sur différents segments d’activité ;
  • Une logique de mise en commun et de partage sous la forme de dons entre des individus se rattachant à des communautés physiques ou virtuelles; la mise en commun peut concerner des données échangées entre patients et associations et le partage porter sur les savoir-faire, les expertises et les expériences entre professionnels au sein de communautés épistémiques et de pratique ; la médecine participative en est une illustration.

Ces logiques permettraient également de caractériser les possibilités d’intervention de la puissance publique selon trois modalités différenciées pouvant évidemment se conjuguer :

    • La loi, c’est-à-dire la prescription par la législation des comportements des acteurs de la santé numérique, y compris ceux des usagers ;
    • Le contrat, c’est-à-dire la contractualisation avec d’autres acteurs, publics et privés, en jouant notamment sur des mécanismes d’ »incitations » (la théorie économique de l’agence traite en partie de ces mécanismes) ;
  • La convention, c’est-à-dire l’établissement de norme ou, du moins, la participation à la co-construction de normes de conduites partagées au sein de communautés d’acteurs pouvant se développer de l’échelle la plus locale à la plus globale (l’économie des conventions aborde ces questions de façon générale).

Au regard de ces logiques qui, toutes, seront présentes dans le développement de la santé numérique et qui se concrétiseront avec plus ou moins de vigueur, le mouvement mutualiste a sans nul doute sa voix à faire entendre.

 

l’e-santé pour aider les patients à se prendre en main :

L’irruption du numérique dans notre vie quotidienne change aussi l’exercice de la médecine. La Fondation de l’Avenir s’engage activement dans ce domaine. Loin de remplacer la médecine, l’automatisation resserre les liens entre les patients et les soignants car le patient connecté se prend plus en main en intensifiant les échanges avec les soignants entre les consultations traditionnelles. Cette médecine « en continu » rassure et implique les patients qui deviennent acteurs de leur santé. En comprenant mieux leur maladie et les raisons d’un traitement, ils peuvent mieux suivre les conseils de leur médecin et les consulter à bon escient.

 

Dans cet objectif, la Fondation de l’Avenir soutient notamment le projet Hy-Result dirigé par les docteurs Guillaume Bobrie et Nicolas Postel-Vinay (hôpital Georges Pompidou, Paris). La mesure fréquente de la pression artérielle facilitée par l’auto-mesure fait ses preuves. L’interprétation des résultats par le patient est plus complexe. Hy-Result propose de fournir aux patients un applicatif d’interprétation automatique via un site internet.

 

Vocabulaire de la santé numérique :

La santé numérique intègre plusieurs grands sous domaines :

    • Les systèmes d’information en santé permettant une meilleure coordination des soins au sein d’un établissement de santé (Systèmes d’information Hospitalier ou SIH, Dossier Patient Informatisé ou DPI, etc.) ou d’un territoire de soins (Systèmes d’Information partagé de santé).
    • La télémédecine offrant des possibilités de soins à distance et regroupant 5 catégories d’actes médicaux : la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance, la téléassistance, et la régulation médicale (centre 15).
    • La télésanté intégrant des services de suivi et de prévention des individus dans un objectif principal de bien être (objets connectés, applications mobiles d’auto-mesure, plateforme web, …) En fonction des utilisateurs, il est possible de distinguer au sein de ces champs d’application trois types de dispositifs technologiques génériques :
    • Les dispositifs technologiques centrés patient ou grand public : m-health ou m-santé (M pour Mobile) applications de santé mobiles, applications de santé web, objets connectés, réseaux sociaux (communautés de patients), portail d’information de santé, etc.
    • Les dispositifs technologiques centrés offreurs de soins tels les établissements de santé et les professionnels de santé : les SIH internes, systèmes d’information partagés, systèmes d’information embarqué (ex : SMUR), dispositifs de télémédecine, etc.
  • Les dispositifs technologiques centrés acteurs assurantiels, régulateurs publics et industriels : outils génériques de la gestion de la relation client (CRM) ainsi que ceux du datamining (données internes) ou du big data (données externes) permettant la collecte, le stockage et le traitement algorithmique de données massives de santé.

 

Chiffres clés de l’e-santé :

infographie-chiffres-clés-santé-numérique-Fondation-de-l'Avenir