Parole de chercheur : Docteur Antoine Iannessi

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La Fondation de l’Avenir soutient les recherches du docteur Antoine Iannessi sur la fiabilité des ultrasons, couplé à une IRM.

Grâce aux progrès du dépistage, de plus en plus de cancers du sein sont détectés à des stades précoces. Pour ces patientes, les chercheurs mettent au point des techniques alternatives à la chirurgie.

Cancer du sein : les espoirs des ultrasons guidés par l’IRM

Découvrez le témoignage du Docteur Antoine Iannessi :

En quoi consiste votre projet ?

Il s’agit d’évaluer cette nouvelle technique qui utilise la chaleur émise par les ultrasons pour détruire de petites tumeurs et qui ne nécessite pas d’incision. Par analogie aux rayons du soleil qui se focalisent en un point au travers d’une loupe, un faisceau d’ultrasons est appliqué au travers de la peau et concentré sur la tumeur qui s’autodétruit par échauffement. Normalement utilisés pour produire l’image d’échographie, les ultrasons sont sans risque sur les structures traversées à l’exception du point où convergent toutes les ondes.

Grâce à l’IRM, le faisceau d’ultrasons est guidé précisément sur la tumeur à éliminer et nous permet de contrôler l’efficacité de la destruction.

 

Les ultrasons sont-ils déjà utilisés dans d’autres types de cancers ?

Oui, par exemple, pour la destruction des fibromes utérins, pour le traitement des cancers de la prostate et des métastases osseuses. Avec ce procédé, des équipes internationales travaillent sur le traitement du cancer du foie, du pancréas et de la thyroïde.

 

Quelle est la différence d’action avec un traitement par radiothérapie ?

En fait, les deux traitements se complètent.

La radiothérapie utilise des rayonnements ionisants qui agissent de façon retardée. S’agissant d’un traitement irradiant, son usage est délicat car il faut protéger les organes environnants. Les ultrasons n’ont pas de caractère irradiant : les traitements peuvent être appliqués à plusieurs reprises, sans risque d’effets secondaires.

Pour le cancer du sein, la radiothérapie est nécessaire en plus du traitement d’ultrasons pour  détruire les  foyers potentiels de métastases ganglionnaires.

avant après IANESSI ©Furusawa H

Combien de femmes pourraient bénéficier de la technique ?

Si l’étude montre un potentiel de destruction satisfaisant, la technique pourrait être proposée pour les cancers de petite taille qui pourront être détruits totalement et ainsi éviter aux patientes une chirurgie.

Nous étudions également le potentiel de l’IRM pour détecter un résidu tumoral après un traitement par ultrasons focalisés. En cas de résultat incomplet, un complément de traitement ou une chirurgie pourra être discutée dans un second temps.

Pour les cancers plus avancés, on pourrait envisager l’utilisation des ultrasons pour réduire la taille de la tumeur avant une chirurgie de complément et éviter ainsi de devoir retirer tout le sein.

De fait, un grand nombre de femmes dépistées pourraient bénéficier de cette technique.

 

EN SAVOIR PLUS 

 

> La Fondation de l’Avenir apporte un soutien significatif aux travaux sur les traitements du cancer du sein. Découvrez-les.