Parole de chercheur : Professeur Jean Régis

Apport de la robotique en chirurgie - Pr Jean Régis neurochirugien - Fondation de l'Avenir

La Fondation de l’Avenir soutient le Pr Régis sur l'apport de la robotique et du numérique médico-chirurgical pour le traitement de pathologies fonctionnelles (dysfonctionnements du cerveau).

Le professeur Jean Régis, chef du service de neurochirurgie fonctionnelle et stéréostaxique de l’hôpital de la Timone à Marseille, a reçu le Prix de la robotique et du numérique médico-chirurgical à l’occasion des Trophées 2017 de la Fondation de l’Avenir, avec le concours du groupe Aesio, pour la mis au point du Gamma Knife* en France.

 

Quel rôle pourrait jouer la Fondation dans le soutien de la recherche en chirurgie ?

 

Il est indéniable, en particulier dans les travaux que nous avons menés dans le domaine du contrôle du mouvement dans la maladie de Parkinson et dans le tremblement essentiel, nous avons été soutenus de manière significative par la Fondation de l’Avenir. Je pense que le rôle de ce type de structure n’est pas d’assumer complètement le poids du budget d’une recherche, qui est beaucoup plus lourd, beaucoup trop lourd, et que la Fondation peut par la capacité à comprendre l’intérêt d’une recherche, l’aider à s’initier. Il est très difficile d’obtenir des crédits importants de recherche tant que la recherche n’est pas en mouvement. Avoir une structure qui nous permet de commencer la recherche, d’initier la recherche c’est extrêmement important. Une fois que la recherche est en mouvement, il est beaucoup plus facile d’accéder à d’autre financement.

 

Sur quelle application du Gamma Knife travaillez-vous aujourd’hui ?

 

Le Gamma Knife fait aujourd’hui la démonstration de sa capacité à opérer de façon très focale et non invasive dans le cerveau, et en particulier dans les pathologies fonctionnelles, c’est-à-dire dans les dysfonctionnements du cerveau. Il nous permet d’aller modifier un fonctionnement, corriger un fonctionnement, sans détruire la structure et sa fonction. On se rend compte aujourd’hui qu’il y a chez nos patients certain qui vont réagir de manières différentes et on ressent le besoin de personnaliser la radio-chirurgie, c’est-à-dire que l’on ne va pas opérer aujourd’hui tous les patients de la même façon. On se donne des moyens, par cette recherche, d’identifier chez nos patients les marqueurs qui nous permettraient de savoir comment un patient individuel doit être opéré.

 

Par exemple, certaines dépressions doivent être opérées d’une certaine façon, d’autres dépressions d’une autre manière : ce que nous faisons c’est que nous essayons d’utiliser les marqueurs, en particulier une analyse de l’imagerie de la connectivité du cerveau (qui est une chose très personnelle), et en fonction de la façon où a été connecté le cerveau des patients,  on va décider que l’approche thérapeutique pour le symptôme présenté, va être, dans ce cas particulier, une certaine cible dans le cerveau, alors qu’avec une autre organisation du cerveau pour un symptôme identique, on pourrait avoir à développer une autre stratégie si on veut avoir le résultat attendu sans effets secondaires.

 

Peut-on imaginer aujourd’hui des recherches en neurochirurgie sans robotique ?

 

Aujourd’hui, la robotique n’est pas le seul domaine de recherche en neurochirurgie. Il y a des tas de recherches à connaissance du fonctionnement du cerveau et dans le développement de techniques alternatives. Mais si on réalise que le cerveau est un organe extrêmement fragile, extrêmement subtil, on réalise tout de suite que la maitrise des gestes dans ce cerveau doit être la plus parfaite possible. Pour cette maitrise, la robotique est, bien entendu, la meilleure façon de minimiser les dégâts pour le cerveau et d’optimiser la précision du geste.

 

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* Le Gamma Knife est un outil qui permet d’opérer dans le cerveau sans ouvrir la boîte crânienne, sans anesthésie générale, ce qui réduit les risques de complications et améliore le confort des patients.