Suivre en direct la naissance des vaisseaux tumoraux

Suivre en direct la naissance des vaisseaux tumoraux

Pour se développer, une tumeur cancéreuse doit créer de nouveaux vaisseaux sanguins. C’est le processus d’angiogénèse. L’équipe du professeur Benjamin Guillet de la faculté de pharmacie de Marseille développe un outil d’imagerie pour évaluer et ajuster les traitements visant à bloquer ce processus.

Qu’attendez-vous de ce nouvel outil d’imagerie ?

Nous nous sommes intéressés à l’imagerie isotopique, avec des traceurs radioactifs, car elle est ultra-sensible. Lorsqu’une tumeur atteint deux millimètres, elle doit faire naître de  nouveaux vaisseaux qui lui apporteront sa « nourriture » lui permettant de se développer  et de disséminer des métastases. Les nouveaux traitements visent à la faire dépérir en  bloquant l’angiogenèse. Or tous les patients n’y sont pas sensibles de la même façon. D’où l’intérêt de disposer d’un outil de diagnostic fin pour évaluer l’angiogenèse, et   ensuite individualiser les thérapies.

Quelle est votre cible ?

Nous visons la neutralisation d’une protéine, l’angiomotine, qui est surexprimée lors du processus de vascularisation tissulaire. Lors de travaux précédents sur la reperfusion sanguine d’un membre après une ischémie (arrêt de perfusion sanguine), nous avons établi la corrélation entre le taux d’angiomotine et la revascularisation et nous avons
mis au point un nouvel agent d’imagerie pour évaluer sa quantité dans les cellules. Nous mettons à l’épreuve ce nouveau concept dans différentes pathologies cancéreuses. Accompagner les thérapies par des outils de suivi diagnostic est une tendance forte actuellement.