Cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez l'homme en France. Parmi les nombreux projets de recherche qu’elle soutient, la Fondation de l’Avenir accompagne notamment des travaux visant à améliorer le dépistage, le diagnostic et la prise en charge de cette maladie.

Un cancer fréquent, encore mal connu

Le cancer masculin le plus diagnostiqué en France

Avec près de 60 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année (59 885 nouveaux cas en 2018 en France métropolitaine), le cancer de la prostate représente le cancer masculin le plus fréquent en France.

Mais qu’est-ce que la prostate ? Il s’agit d’une petite glande qui se situe sous la vessie, en avant du rectum. De la forme d’une châtaigne, elle produit une partie du liquide séminal, indispensable au transport et à la protection des spermatozoïdes. Le cancer se développe lorsque des cellules de cette glande acquièrent des anomalies génétiques, leur permettant de proliférer de manière anarchique.

Âge, génétique, origine, les facteurs d’exposition au cancer de la prostate

Le principal facteur de risque du cancer de la prostate est l’âge. Rare avant 50 ans, ce cancer survient dans environ 66 % des cas chez des hommes de 65 ans et plus. Certaines prédispositions génétiques augmentent également le risque de développer la maladie. En effet, mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 connus pour leur implication dans les cancers du sein et de l’ovaire, sont également associées à un risque accru de cancer de la prostate, notamment de développer des formes agressives de la maladie. Il est par ailleurs avéré qu’il existe un surrisque de développer des formes agressives de ce type de cancer chez les hommes d’origine africaine et antillaise.

La présence de plusieurs cas dans une même famille augmente aussi le risque d’être touché par le cancer de la prostate. Les antécédents familiaux doivent conduire les équipes médicales à proposer une consultation d’oncogénétique. Des tests génétiques peuvent alors être réalisés afin d’identifier une éventuelle prédisposition héréditaire et, si nécessaire, de définir un plan de dépistage personnalisé selon le risque de chaque patient.

Localisé ou métastatique : un cancer aux réalités très différentes

On retrouve deux systèmes de classement des cancers de la prostate, à savoir le classement par stade ou le classement par grade : les stades permettent de décrire l’étendue du cancer, les grades d’évaluer l’agressivité des cellules cancéreuses.

Pour évaluer le stade du cancer, on utilise la classification TNM (Tumor, Nodes, Metastasis, en français Tumeur, Ganglions, Métastases) :

  • Le stade I : le cancer se limite à la prostate. Non palpable, il est généralement découvert par hasard, lors d’un contrôle ou d’une biopsie ;
  • Le stade II : la tumeur est palpable et localisée à la prostate ;
  • Le stade III : le cancer s’est propagé au-delà de la glande prostatique, mais pas aux ganglions lymphatiques ou à d’autres organes ;
  • Le stade IV : le cancer s’est étendu aux ganglions lymphatiques et/ou à d’autres organes. On parle alors de cancer métastatique de la prostate.

Selon l’Institut National du Cancer, 80 % des cancers sont diagnostiqués alors qu’ils sont encore localisés à la prostate.

Le pronostic du cancer de la prostate dépend des scores TNM, PSA et ISUP (évolution du Gleason) au diagnostic.

Enfin, le score de Gleason, qui va de 6 à 10, évalue le grade de la maladie, c’est-à-dire l’aspect plus ou moins anormal des cellules cancéreuses et leur risque d’évolution.

  • un score de Gleason 6 caractérise un cancer de bas grade, pour lequel les cellules ressemblent encore beaucoup aux cellules normales ;
  • un score de Gleason 7 détermine un cancer de grade intermédiaire ;
  • un score de Gleason 8 à 10 est un cancer de haut grade, dont les cellules sont anormales et présentent un risque plus important de croissance et de propagation.

Dépister le cancer de la prostate sans sur-traiter

Le PSA, utile mais controversé

© Shutterstock

Le dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) constitue aujourd’hui le principal marqueur sanguin utilisé pour rechercher un cancer de la prostate. Cette protéine est naturellement produite par les cellules prostatiques et sa concentration peut indiquer la présence d’une tumeur ou d’une anomalie de la glande. Cependant, ce test n’est pas assez fiable pour diagnostiquer un cancer. Un taux élevé doit inciter à réaliser un examen complémentaire (un toucher rectal, par exemple) pour aider à poser un diagnostic.

L’utilisation systématique dans le cadre d’un dépistage organisé du cancer la prostate est controversée depuis des années en France, l’augmentation de ce marqueur pouvant aussi indiquer une hypertrophie bénigne de la prostate, une infection urinaire ou encore une inflammation. À l’inverse, certains cancers peu évolués peuvent être associés à un PSA normal.

Dans 70% des cas, l’élévation du taux de PSA n’est pas liée à la présence du cancer. Dominique HEYMANN, soutenu par La Fondation de l’Avenir, mène un projet dont l’objectif est de repérer des cellules métastatiques normalement non visibles au microscope pour affiner le pronostic et la prise en charge.

IRM et biopsie ciblée : voir le cancer de la prostate là où il est

L’IRM de la prostate (ou IRM prostatique multiparamétrique) est l’examen de référence pour explorer la prostate sans rayons X. Elle aide à détecter et localiser un cancer de la prostate, à guider les biopsies et à surveiller une anomalie connue.

La biopsie par fusion de la prostate est une technique qui combine les images d’une IRM de la prostate avec celles de l’échographie réalisée pendant la biopsie, afin de guider précisément l’aiguille vers les zones suspectes.

La surveillance active, quand ne pas traiter est le bon choix

Tous les cancers de la prostate ne nécessitent pas un traitement immédiat. Chez certains patients présentant une tumeur localisée et peu agressive, le risque d’évolution est faible, une surveillance active peut être proposée.

Cette stratégie repose sur un suivi régulier associant dosage du PSA, examens cliniques, IRM et parfois de nouvelles biopsies. L’objectif est de surveiller l’évolution de la maladie et de n’intervenir qu’en cas de signes de progression ou de symptômes vraiment invalidants.

En évitant des traitements parfois responsables de troubles urinaires ou sexuels chez des patients dont le cancer serait resté peu évolutif, la surveillance active permet de préserver durablement la qualité de vie, sans diminuer les chances de guérison lorsque le traitement devient nécessaire.

Des thérapies qui repoussent les limites

Chirurgie robotique et radiothérapie de précision : moins de séquelles

La prostatectomie est le traitement de référence du cancer localisé. Plusieurs voies d’intervention sont possibles (rétropubienne, laparoscopique, ou robot-assistée). Elle est aujourd’hui beaucoup plus précise qu’auparavant, notamment grâce à l’évolution technologique et à la recherche. La chirurgie robot-assistée, à l’aide du robot Da Vinci par exemple, offre au chirurgien une vision tridimensionnelle haute définition et des instruments d’une très grande précision. Cette technologie facilite la préservation des structures nerveuses situées autour de la prostate, essentielles au maintien de la continence urinaire et de la fonction érectile. Si ces complications ne peuvent pas toujours être évitées, leur fréquence tend à diminuer grâce à ces techniques plus conservatrices.

La prostatectomie est le traitement de référence du cancer localisé. Plusieurs voies d’intervention sont possibles (rétropubienne, laparoscopique, ou robot-assistée). Elle est aujourd’hui beaucoup plus précise qu’auparavant, notamment grâce à l’évolution technologique et à la recherche. La chirurgie robot-assistée, à l’aide du robot Da Vinci par exemple, offre au chirurgien une vision tridimensionnelle haute définition et des instruments d’une très grande précision. Cette technologie facilite la préservation des structures nerveuses situées autour de la prostate, essentielles au maintien de la continence urinaire et de la fonction érectile. Si ces complications ne peuvent pas toujours être évitées, leur fréquence tend à diminuer grâce à ces techniques plus conservatrices.

Robots Da Vinci

Par ailleurs, la radiothérapie externe utilise des rayonnements ionisants afin de détruire les cellules cancéreuses à travers la peau tout en préservant autant que possible les tissus sains. Les rayonnements sont émis par une machine appelée “accélérateur linéaire de particules”. La protonthérapie fait partie des techniques de radiothérapie externe. Contrairement aux techniques de radiothérapie externe classiques, la protonthérapie délivre ses rayons au sein de la tumeur et ceux-ci ne dépassent pas sa paroi externe.

Le lutetium-177 PSMA, une révolution pour les formes avancées du cancer de la prostate

Pour les cancers métastatiques résistants aux traitements hormonaux, une nouvelle approche thérapeutique suscite un espoir important : la radiothérapie interne vectorisée au lutétium-177 PSMA. Il s’agit d’une stratégie qui repose sur une molécule radioactive qui reconnaît spécifiquement le PSMA (l’antigène spécifique de la membrane de la prostate), fortement exprimée à la surface de nombreuses cellules cancéreuses prostatiques. Une fois fixée sur la tumeur, la technique délivre un rayonnement local capable de détruire les cellules malignes, tout en épargnant au maximum les tissus sains.

L’étude PSMA-617-01 (VISION), débutée en 2018, avait pour objectif de comparer l’efficacité de cette approche thérapeutique associée aux meilleurs soins de support par rapport aux soins de support seuls, chez des patients ayant un cancer de la prostate métastatique, résistant à la castration, évolutif et positif au PSMA.

Dans la lignée de cette étude, le projet du Dr Caroline Rousseau, soutenu par la Fondation de l’Avenir, souhaite coupler l’imagerie de médecine nucléaire (TEP/scanner) à la molécule radioactive ciblant la PSMA. Le projet permettrait de détecter les récidives très précoces du cancer de la prostate et d’orienter plus rapidement les patients vers un traitement ciblé.

Inhibiteurs de PARP et immunothérapie : la génétique au service du traitement

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Chez certains patients présentant des mutations des gènes BRCA1, BRCA2 ou d’autres anomalies impliquées dans la réparation de l’ADN, des traitements ciblés appelés “inhibiteurs de PARP” peuvent être proposés. Ces médicaments, comme l’olaparib, empêchent les cellules cancéreuses de réparer les dommages de leur ADN, ce qui entraîne progressivement leur destruction.

L’immunothérapie fait également l’objet de nombreuses recherches. Si son efficacité reste limitée dans la majorité des cancers de la prostate, certains sous-types présentant des anomalies génétiques particulières semblent répondre favorablement à ces traitements. Les essais cliniques actuellement en cours permettront de mieux identifier à l’avenir les patients susceptibles d’en bénéficier.

La recherche se construit avec les patients

Concevoir les essais cliniques avec les hommes concernés

Associer les hommes concernés à la conception des essais cliniques permet de développer des études plus pertinentes et plus représentatives des réalités de la maladie. Toujours dans une démarche de transparence et avec l’obtention de leur consentement éclairé, ils partagent leur expérience et contribuent à améliorer de nombreux aspects de la prise en charge globale des cancers de la prostate.

Vivre avec le cancer de la prostate : soigner les séquelles

Les troubles urinaires, les difficultés sexuelles ou encore les répercussions psychologiques peuvent avoir un impact durable sur la qualité de vie. Leur prise en charge repose sur une approche pluridisciplinaire, pouvant associer l’accompagnement du médecin traitant, d’un urologue, d’un oncologue, d’un sexologue ou encore d’un psychologue.

Les programmes d’éducation thérapeutique permettent également aux patients de mieux comprendre leur maladie, de reconnaître les effets indésirables des traitements et de devenir acteurs de leur suivi. Cet accompagnement contribue à améliorer l’autonomie, le bien-être et l’observance des traitements tout au long du parcours de soins.

Financer la recherche sur le cancer de la prostate, c’est changer des vies

Les progrès réalisés ces dernières années sont le fruit d’une recherche qui associe cliniciens, biologistes, généticiens, ingénieurs, spécialistes de l’imagerie médicale, patients partenaires… Cette collaboration interdisciplinaire permet de développer des outils diagnostiques plus pertinents et performants, des traitements toujours plus ciblés et des stratégies de prise en charge adaptées à chaque profil de patient.

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En soutenant des projets de recherche, la Fondation de l’Avenir contribue à accélérer le transfert des innovations vers la pratique clinique. Qu’il s’agisse d’améliorer la détection précoce, de développer des techniques d’imagerie plus sensibles ou de proposer des traitements plus personnalisés, les travaux de la Fondation ouvrent la voie à une médecine plus précise, plus efficace et plus respectueuse de la qualité de vie des patients.

Faites un don à la Fondation de l’Avenir et contribuez à faire avancer une recherche qui améliore chaque jour le diagnostic, les traitements et la qualité de vie des personnes touchées par un cancer de la prostate.