Changer le regard sur le vieillissement, lutter contre l’isolement : les personnes âgées à l’épreuve des idées reçues

Publié le 08/10/2026

À l’occasion de la 75e Semaine bleue, qui se déroule du 5 au 11 octobre 2026, la Fondation Mutac, sous égide de la Fondation de l’Avenir, publie la troisième édition de son Baromètre Idées reçues sur les personnes Âgées (BIRA).

Le constat est sans appel : les Français respectent leurs aînés, mais connaissent mal leur réalité, y compris sur un sujet aussi grave que le suicide.

Les personnes âgées bénéficient d’une image plutôt favorable : 92 % des Français estiment qu’elles ont beaucoup à nous apprendre, et 89 % les jugent « utiles à la société ». Reste à savoir si ce regard bienveillant correspond à leur réalité. C’est en tous cas ce que mesure, tous les deux ans depuis 2022, le Baromètre Idées reçues sur les personnes Âgées (BIRA), réalisé avec Ipsos bva.

Pour cette nouvelle édition, la Fondation MUTAC s’appuie sur le BIRA pour sensibiliser à un phénomène encore largement méconnu : le suicide des personnes âgées. Elle présente également, en vidéo, le projet d’un lauréat qu’elle soutient.

Un QR code sur les sacs en papier de pharmacie et de boulangerie

Comment aborder un sujet aussi difficile et délicat ? En sensibilisant les personnes par les objets du quotidien. Lauréate de l’appel à projets 2025 de la Fondation Mutac, l’association « Dites Je suis là » en a fait le principe de son action. Un QR code, imprimé sur des sachets de pharmacie ou des porte-baguettes de boulangerie, donne accès à des informations utiles, à des ateliers de sensibilisation et à une plateforme de prise en charge. Il s’adresse aux personnes âgées, à leurs proches et au grand public.

© Les Six Patates

C’est sur ce sujet que l’écart entre la perception et la réalité est le plus marqué. Seuls 8 % des Français voient dans les 65 ans et plus une population particulièrement exposée au risque suicidaire, alors qu’un tiers (34 %) pense d’abord aux jeunes adultes. Interrogés sur la part des 65 ans et plus dans
l’ensemble des décès par suicide, ils l’estiment en moyenne à 20 %, quand elle atteignait 34 % en 2021.

Le rapport 2025 de l’Observatoire national du suicide, publié par la DREES, confirme ce phénomène social. Le risque croît fortement avec l’âge, et les hommes de 85 à 94 ans sont huit fois plus exposés que les femmes du même âge. Pour 57 % des Français, l’isolement social et la solitude arrivent en tête des causes de suicide. L’isolement éloigne des aidants professionnels du soin, et des aidants familiaux ou des proches à qui confier sa souffrance. Il entame le sentiment d’être utile. La prévention ne relève pas du seul soin psychiatrique. Elle repose aussi sur le lien social, les politiques publiques et la reconnaissance de la place de chacun dans la société. Depuis sa création en 2014, la Fondation Mutac s’est bâtie sur cette conviction forte : la lutte contre l’isolement des personnes âgées est un facteur de santé pour l’individu et la société.

© Les Six Patates

Une intention bienveillante, mais des repères à redéfinir

70 % des Français sont inquiets de vieillir. Or les perceptions sur la réalité du grand âge sont décalées. Les Français estiment par exemple que 35 % des personnes âgées sont en perte d’autonomie, quand l’Insee en dénombrait 11,2 % parmi les 60 ans et plus en 2021. Et les plus jeunes sont nettement moins nombreux à imaginer que les personnes âgées souhaitent avant tout rester chez elles : seulement 40 % des moins de 30 ans citent le domicile personnel comme le lieu de vie idéal pour les personnes âgées contre 83 % des 70 ans et plus.

© Les Six Patates

L’âgisme ne recule pas vraiment depuis la précédente édition du BIRA, il y a deux ans : 15 % des Français disent en avoir souffert, au travail, dans la pratique d’un sport ou dans la vie amoureuse, contre 20 % en 2022. Chez les 70 ans et plus, 40 % jugent le regard de la société plutôt méprisant, soit 13 points de plus qu’en 2024.

© Les Six Patates

Méthodologie du BIRA 2026

L’administration et le recueil des questionnaires par Ipsos bva ont été réalisés de mars à avril 2026. 1010 Français, dont 269 personnes âgées de 70 ans et plus, ont été interrogés.

Pour assurer la représentativité des données et des analyses, Ipsos bva emploie la méthode des quotas, selon le sexe, l’âge, la profession, le territoire.