Comment se déroule une IVG médicamenteuse ? Quelles douleurs peut-elle entraîner et comment mieux les prendre en charge ? À travers un article explicatif et une interview vidéo de Dominique Letourneau et du Dr Philippe David liée à la tribune fondée sur les résultats d'une étude soutenue par la Fondation de l'Avenir, cette page apporte des clés de compréhension et met en lumière l'importance d'un accompagnement adapté.
En 2024, 251 270 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées en France, et 80 % d’entre elles par voie médicamenteuse, selon la Drees. Devenue la méthode la plus courante, l’IVG médicamenteuse s’accompagne pourtant d’une douleur encore trop souvent sous-estimée et insuffisamment prise en charge. Mieux la comprendre, c’est mieux la prévenir. C’est pourquoi la Fondation de l’Avenir s’est engagée, aux côtés de la Mutualité Française, pour soutenir la recherche sur la douleur dans l’IVG médicamenteuse et améliorer l’information des patientes.
Un protocole en deux temps
L’IVG médicamenteuse repose sur la prise successive de deux médicaments. Le premier, la mifépristone, interrompt la grossesse en bloquant l’action de la progestérone. Le second, le misoprostol, pris 24 à 48 heures plus tard, déclenche des contractions utérines qui provoquent l’expulsion de l’œuf.
Où et jusqu’à quand ?
En France, l’IVG médicamenteuse est en général pratiquée jusqu’à 7 semaines de grossesse (9 semaines d’aménorrhée), en établissement de santé, en ville (cabinet médical, centre de santé…), ou à domicile. Les médicaments peuvent être pris en présence du médecin ou de la sage-femme, ou à domicile selon les recommandations et le suivi médical.
Des contractions utérines à l’origine de la douleur
Ce sont les contractions provoquées par le misoprostol qui génèrent la douleur. Comparable à des règles très intenses, elle survient généralement 1 à 4 heures après la prise du médicament et peut s’accompagner de saignements abondants.
Une intensité variable selon les femmes
La douleur ressentie varie fortement d’une femme à l’autre. Pour une partie des patientes, la douleur est qualifiée de sévère.
Une douleur longtemps sous-estimée
Plusieurs travaux ont mis en évidence un écart important entre la douleur ressentie par les femmes et celle anticipée par les soignants. Cette sous-estimation a des conséquences concrètes : une prise en charge antalgique parfois insuffisante et un vécu difficile, qui peut altérer la confiance dans le parcours de soins.
Évaluer les meilleures stratégies antalgiques
Dès 2017, dans une tribune publiée dans le Journal International de Médecine, Dominique Letourneau, alors président du directoire de la Fondation de l’Avenir, et le docteur Philippe David, gynécologue-obstétricien au centre mutualiste Clotilde Vautier de Nantes, appelaient à conduire de nouveaux travaux de recherche pour identifier les protocoles les plus efficaces : choix des antalgiques, moment de leur administration, accompagnement adapté au profil de chaque patiente. Depuis 2021, la HAS recommande une prise en charge « anticipée » et systématique de la douleur, associant un antalgique de palier 1 (ibuprofène à dose antalgique) et, si besoin, de palier 2.
Les deux signataires plaidaient également pour une information plus honnête sur la douleur : dire ce qui peut être ressenti, sans dramatiser ni minimiser, c’est permettre aux femmes de choisir leur méthode d’IVG en toute connaissance de cause et de mieux vivre l’intervention.
Faites un don à la Fondation de l’Avenir : aidez-nous à soutenir la recherche pour améliorer la prise en charge de la douleur et la qualité du parcours de soins des femmes.
Elle appelle d’une part à la conduite de nouveaux travaux afin d’évaluer les stratégies les plus pertinentes pour prévenir le plus efficacement la douleur et d’autre part à la mise en œuvre d’une information plus loyale et complète des patientes.
Cette tribune, parue dans le Journal International de Médecine, fait suite à la campagne de presse de valorisation d’une étude soutenue par la Fondation de l’Avenir, dans le cadre de son partenariat avec la Mutualité Française.
Pour visionner les interviews de Dominique Letourneau et du docteur Philippe David sur l’IVG médicamenteuse :