Parole de chercheur : professeur Michel Chammas

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Le professeur Michel Chammas témoigne de son engagement dans le consortium Tounesol au côté de la Fondation de l'Avenir.

Le professeur Michel Chammas est responsable du département de chirurgie orthopédique et traumatologie du CHU de Montpellier. Soutenu par la Fondation depuis plusieurs années, le professeur prend aujourd’hui une part active dans le consortium Tournesol, en mobilisant son équipe de recherches sur l’utilisation de cellules souches dans la prise en charge de patients porteurs de lésions nerveuses périphériques.

 

Le consortium Tournesol est un projet d’envergure national mettant en relation plusieurs équipes de recherche étudiant l’application des cellules souches dans divers domaines.

Pour en savoir plus sur ce projet, cliquez ici.

 

Pourquoi avez-vous souhaité participer à ce projet de recherche ?

Mon choix a été guidé par une triple motivation :

 

La première est l’intérêt de ce projet dans la prise en charge des patients porteurs de lésions nerveuses périphériques. Je pars du constat que, depuis plusieurs années, nous sommes arrivés à un plafond en termes de possibilités d’améliorations de la réparation nerveuse et de la récupération de fonctions perdues chez les gens paralysés. Depuis l’ère micro chirurgicale de la réparation nerveuse périphérique, nous faisons face à une stagnation des progrès. Or, la récupération des fonctions restent encore insuffisantes chez les patients adultes atteints par ce type de lésions.

 

Ma deuxième motivation est liée à la Fondation de l’Avenir. La Fondation nous a soutenus dans nos démarches de recherche depuis de nombreuses années. A l’époque, nous commencions à étudier la régénération du muscle paralysé après lésions nerveuses périphériques, élément essentiel de la récupération fonctionnelle. Grâce au soutien continu de la Fondation, nos travaux ont abouti à des résultats intéressants, mais qui malheureusement ne permettent encore une application à l’homme.

 

Enfin, la troisième motivation réside dans l’implication des professeurs Guy Magalon et François Féron dans ce projet. Leur état d’esprit de recherche et leur implication forte dans le projet ont fini de me convaincre de participer à ce consortium national.

 

Aujourd’hui, est-il déjà possible d’utiliser des cellules souches dans la réparation du système nerveux périphérique au niveau clinique ?

Absolument pas : dans beaucoup de domaines, les cellules souches restent encore cantonnées aux recherches précliniques, sans application à l’homme. Il y eu des travaux intéressants, notamment soutenus par la Fondation de l’Avenir, concernant le muscle myocardique ou encore la régénération cartilagineuse dans l’arthrose. Toutefois, la régénération du nerf périphérique, du fait de sa complexité, ne fait pas l’objet d’une application clinique chez l’homme car nous n’en comprenons pas encore tous les mécanismes. Mais j’espère que les travaux entrepris dans le cadre du consortium Tournesol permettront d’ouvrir une nouvelle voie.

 

Croyez-vous que le consortium Tournesol permettra, à termes, d’aboutir à des applications de grande envergure ?

Je pense que la force de ce consortium réside dans la mise en commun de savoirs provenant de chercheurs et des cliniciens venant d’horizons différents, le tout agrégé par la Fondation de l’Avenir. C’est vraiment quelque chose d’innovant, avec plusieurs équipes françaises qui sont reconnues pour leurs compétences dans ce domaine. On est en droit d’espérer des avancées probantes de ce collectif de haut niveau.

 

Néanmoins il est difficile d’anticiper la durée exacte que prendra la réalisation de ces avancées. On part sur des travaux s’étalant sur plusieurs années. Le calendrier actuel du projet est certes volontariste, mais à la vue des difficultés rencontrées par ces recherches, je crois qu’il faut rester prudent avant d’annoncer une date de succès. J’espère que le développement du consortium permettra des améliorations significatives des connaissances, sachant que nous sommes sur des domaines très complémentaires. Une collaboration internationale pourra également être mise en place. D’autres équipes travaillent déjà sur le sujet, et à partir du moment où nous buterons sur certains points, cette collaboration permettra de profiter des expériences de chacun. Je pense que l’initiative poursuivi par la Fondation dans le regroupement d’équipes et de compétences permettra à termes une ouverture du projet à l’international.