Schizophrénie

La schizophrénie est une maladie mentale, souvent mal comprise et qui entraîne des répercussions majeures sur la qualité de vie des personnes atteintes et de leur entourage. Face à cette pathologie complexe, la Fondation de l’Avenir se mobilise pour soutenir la recherche médicale et favoriser des avancées concrètes au bénéfice des patients.

Qu’est-ce que la schizophrénie ?

Comprendre la schizophrénie

La schizophrénie est une pathologie psychiatrique complexe qui appartient à la famille des troubles psychotiques. Elle est marquée par une altération profonde du lien avec la réalité. Les personnes atteintes peuvent par exemple entendre des voix ou même percevoir des choses qui n’existent pas (hallucinations), croire à des idées fausses qu’elles ne peuvent remettre en question (délires) ou encore présenter des difficultés à organiser leurs pensées et leurs comportements.

Ce trouble affecte également les émotions, la motivation et les capacités cognitives, ce qui rend les gestes du quotidien particulièrement difficiles, comme entretenir des relations sociales, travailler ou prendre tout simplement soin de soi.

Les symptômes et l’évolution de la maladie

On distingue trois types de symptômes dans la schizophrénie, qui se manifestent soit de manière chronique, soit de manière épisodique (période de psychose) :

  • les symptômes dits « positifs : ce sont des manifestations en excès par rapport au fonctionnement normal, comme les délires (souvent paranoïaques, mais aussi mégalomaniaques, mystiques, etc.) et les hallucinations, principalement auditives (le sujet entend des voix) mais aussi parfois visuelles, olfactives, tactiles ou gustatives ;
  • Les symptômes “négatifs” (ou déficitaires): ils correspondent à un appauvrissement affectif et émotionnel. Le patient se met en retrait et s’isole progressivement de son cercle familial, amical et social. Il communique de moins en moins, présente une volonté limitée et manifeste une émotivité réduite. Il présente moins d’intérêt et de volonté et davantage d’apathie, des symptômes qui s’apparentent à ceux d’une dépression ;
  • Enfin, les symptômes “dissociatifs”, correspondent à une désorganisation de la pensée, des paroles, des émotions et des comportements corporels. La cohérence et la logique du discours et des pensées sont alors perturbées. La personne est moins attentive, présente des difficultés à se concentrer, à mémoriser, à comprendre ou à se faire comprendre.

Elle peut aussi avoir des difficultés à planifier des tâches simples comme faire son travail ou faire des courses, ce qui peut être une réelle source de handicap dans la vie quotidienne.

Le premier épisode psychotique survient généralement entre 15 et 25 ans, avec une survenue plus précoce chez les hommes. La schizophrénie suit ensuite une évolution fluctuante, avec des symptômes chroniques auxquels se surajoutent parfois des phases de psychose aiguës.

Elle peut ensuite se stabiliser avec des symptômes résiduels d’intensité variable selon les personnes.

La schizophrénie en chiffres

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Selon l’Inserm, la schizophrénie concerne environ 600 000 personnes en France et touche près de 0,7 % de la population mondiale, soit près de 23 millions de personnes.

Environ une personne sur deux vivant avec la schizophrénie fait, au cours de sa vie, au moins une tentative de suicide. Ce chiffre, profondément préoccupant, reflète la détresse que peuvent ressentir certains patients, en particulier dans les premières années suivant l’apparition de la maladie. Il souligne l’importance d’un dépistage précoce et d’un accompagnement psychologique adapté.

Comment la schizophrénie se manifeste-t-elle ?

Comment reconnaître la schizophrénie ?

La schizophrénie peut être très compliquée à reconnaître et c’est pourquoi il est important de sensibiliser le grand public à son fonctionnement et à ses symptômes. Tout d’abord, la pathologie se manifeste le plus souvent entre 15 et 25 ans, à une période charnière de l’adolescence et du passage à l’âge adulte. Cependant, les premiers signes de la maladie apparaissent souvent plus tôt, de manière plus discrète, et passent donc souvent inaperçus. Ils peuvent être confondus avec des troubles de l’humeur, comme un épisode dépressif ou des symptômes anxieux.

Cette phase prodromique, qui correspond à la période précédant l’apparition des premiers symptômes francs, peut aussi s’accompagner d’un repli sur soi, de troubles du sommeil, de difficultés scolaires ou professionnelles, d’un discours incohérent, voire de comportements étranges.

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique rigoureuse, car d’autres troubles peuvent présenter des symptômes similaires, comme le trouble bipolaire (notamment dans ses formes avec épisodes psychotiques) ou certaines affections neurologiques (épilepsie temporale, encéphalites auto-immunes, etc.). En effet, la diversité des manifestations cliniques de la schizophrénie, leur ressemblance avec d’autres troubles psychiatriques et leur évolution fluctuante dans le temps compliquent la reconnaissance de la maladie. L’errance diagnostique peut être longue avant que le trouble soit correctement identifié et pris en charge.

Afin de faire la distinction avec la bipolarité, on peut retenir que la schizophrénie ne se caractérise pas par des alternances d’épisodes maniaques et dépressifs (même si certaines formes dites “schizo-affectives”, peuvent parfois mêler des symptômes psychotiques et des troubles de l’humeur).

De même, elle se distingue de la dépression par la présence d’hallucinations ou de délires.

Les facteurs de risque

Les causes de la schizophrénie seraient multifactorielles. En effet, l’apparition de la pathologie semble résulter d’une interaction entre des prédispositions génétiques et des facteurs environnementaux, traduisant une vulnérabilité génétique pouvant être déclenchée ou amplifiée par l’environnement.

Concernant les prédispositions génétiques, il existerait des variations génétiques associées à un léger surrisque de développer la schizophrénie, en cas d’exposition à des facteurs de risque environnementaux.

Il existerait aussi des mutations ponctuelles rares qui augmenteraient le risque de développer la pathologie. Elles touchent des gènes jouant un rôle dans la plasticité neuronale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à modifier ses connexions et son organisation en réponse aux apprentissages, aux expériences ou aux lésions.

Parmi les facteurs environnementaux qui auraient un impact sur le déclenchement ou l’amplification de la maladie, on retrouve certains types de stress, qui viendraient perturber les mécanismes biologiques cérébraux, ainsi que la consommation de substances psychotropes telles que le cannabis (THC), en particulier lorsqu’elle a lieu à l’adolescence. Ces facteurs ne sont ni nécessaires ni suffisants à eux seuls, mais peuvent agir comme déclencheurs sur un terrain prédisposé.

Parmi les facteurs environnementaux qui auraient un impact sur le déclenchement ou l’amplification de la maladie, on retrouve certains types de stress, qui viendraient perturber les mécanismes biologiques cérébraux, ainsi que la consommation de substances psychotropes telles que le cannabis (THC), en particulier lorsqu’elle a lieu à l’adolescence. Ces facteurs ne sont ni nécessaires ni suffisants à eux seuls, mais peuvent agir comme déclencheurs sur un terrain prédisposé.

Enfin, des problèmes au cours du développement fœtal, comme une incompatibilité de rhésus ou des complications à la suite d’une grippe contractée par la mère pendant la grossesse, peuvent aussi (faiblement) augmenter le risque ultérieur de schizophrénie.

Vivre avec la schizophrénie

La vie avec la schizophrénie peut être marquée par l’isolement social, la stigmatisation, la souffrance psychique et la difficulté à maintenir une vie professionnelle et affective. Mais les parcours sont très variables : certains patients retrouvent une autonomie complète après quelques épisodes, d’autres évoluent vers une forme plus chronique.

Les aidants, généralement membres de la famille, jouent un rôle crucial dans l’accompagnement des personnes atteintes. Ils doivent eux aussi être soutenus, car ils peuvent eux-mêmes souffrir d’épuisement ou d’anxiété.

Les avancées de la recherche médicale : de nombreux espoirs

Ces dernières années, les avancées de la recherche ont permis de mieux comprendre l’influence de la génétique et de l’environnement, mais aussi d’observer les impacts de la maladie. On a pu voir qu’elle entraînait notamment des modifications anatomiques, telles que des atteintes des substances grises et blanches du cerveau, ainsi que des cellules de soutien de celui-ci comme les oligodendrocytes, et de la gaine de myéline, essentielle dans la transmission de l’influx nerveux.

Des outils d’imagerie cérébrale et des biomarqueurs sanguins sont aussi à l’étude pour affiner les critères diagnostiques.

Le diagnostic, clé de la prise en charge

Le diagnostic précoce est un des grands enjeux de la recherche actuelle. Il permet une prise en charge rapide et limite l’installation de symptômes négatifs durables. C’est pourquoi La Fondation de l’Avenir soutient le dépistage précoce de la schizophrénie chez les jeunes, afin de mieux cibler les jeunes à risque, notamment à l’adolescence.

Des traitements en cours de développement

Les neuroleptiques (ou antipsychotiques) sont les traitements donnés en première intention. Ils permettent de soulager principalement les symptômes positifs (comme les délires ou les hallucinations) et, dans une moindre mesure, certains symptômes négatifs, en bloquant les récepteurs dopaminergiques. Ces récepteurs ont pour rôle de capter la dopamine, un neurotransmetteur jouant un rôle dans la régulation de nombreuses fonctions cérébrales comme le mouvement, la motivation, ou encore le plaisir.

En revanche, ces traitements sont peu efficaces sur les troubles cognitifs. Environ un tiers des patients ne répondent pas à ces médicaments, ce qui souligne l’urgence de développer de nouvelles approches thérapeutiques.

La recherche travaille sur de nouvelles molécules ciblant d’autres voies neurochimiques (glutamatergique, sérotoninergique, etc.).

Les progrès grâce à la recherche appliquée

Au-delà des médicaments, d’autres approches plus globales ont pu faire leurs preuves ces dernières années, telles que :

  • la réhabilitation psychosociale, qui vise à améliorer l’autonomie du patient ;
  • la remédiation cognitive, qui permet de travailler sur les troubles de l’attention, de la mémoire, ou de l’organisation à travers des exercices pratiques et des entretiens individuels ;
  • la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui aide à mieux gérer les symptômes positifs et négatifs, à maintenir un lien social et à améliorer l’estime de soi, ainsi que la motivation et la gestion du stress ;
  • la cognition sociale, l’ergothérapie et l’accompagnement personnalisé, qui permettent de travailler sur la compréhension de la maladie, sur l’adaptation à la vie quotidienne et sur l’insertion sociale et professionnelle ;
  • la psychoéducation, qui aide le patient à mieux comprendre sa maladie, son traitement et à devenir acteur de sa propre santé ;
  • le soutien aux proches, avec des programmes comme BREF et Profamille qui offrent aux aidants des outils pour mieux accompagner le patient, réduire leur propre charge mentale et favoriser l’engagement familial.

Des approches complémentaires en cas de résistance aux traitements comme la stimulation magnétique transcrânienne ou l’électroconvulsivothérapie sont aussi explorées, de même que l’impact de l’alimentation, du sommeil et de l’activité physique sur la gestion des symptômes.

La Fondation de l’Avenir agit pour faire avancer la recherche en psychiatrie et ainsi permettre aux personnes souffrant de schizophrénie d’accéder à une meilleure prise en charge.

Soutenez-nous en faisant un don pour financer des projets de recherche innovants, au bénéfice des personnes souffrant de schizophrénie et de troubles psychiques. Ensemble, redonnons espoir aux patients et à leurs familles !