Mesure d’impact : ce que révèlent les données quantitatives

Publié le 27/08/2026

(3e épisode)

La mesure d’impact menée par l’Agence Phare met en lumière le rôle singulier de la Fondation de l’Avenir dans l’écosystème de la recherche médicale.

Au-delà des volumes financés, cette étude révèle en particulier une capacité à intervenir là où les besoins sont les plus critiques : en amont, au profil hybride (soignant-chercheur), et sur des projets encore incertains.

Les résultats présentés reposent sur l’analyse d’indicateurs collectés entre 2020 et 2024.

Intervenir au moment décisif : l’amorçage des projets

Avec une dotation moyenne de 37 000 €, et un co-financement dans près de 90 % des cas, la Fondation agit comme un déclencheur de recherche. Pour près d’un projet sur deux, elle en est même le financeur principal, ce qui constitue un signal fort. Sans l’intervention de la Fondation, une part significative des projets ne verrait pas le jour.

Le financement des projets de recherche cible des besoins immédiats et structurants tels que :

3,7 M€

consommables et prestations

1,5 M€

rémunération de personnels

0,5 M€

besoins de matériel

Cette souplesse permet de lancer rapidement des travaux, qui ne peuvent pas ou pas seulement être financés sur le budget de l’établissement, du service ou du laboratoire.

En soutenant le lancement des projets, la Fondation permet aux chercheurs d’établir des preuves de concept, indispensables pour l’obtention de financements publics ou institutionnels plus importants qui permettent d’inscrire leurs travaux dans la durée.

Faire confiance aux chercheurs et aux projets peu soutenus

L’un des enseignements majeurs des indicateurs d’impact réside dans la nature des profils accompagnés : de 2020 à 2024, 70 % des 168 chercheurs soutenus sont des soignants (76 médecins, 22 chirurgiens, 2 chirurgiens-dentistes et 8 autres soignants : une kinésithérapeute, une orthophoniste, 5 pharmaciens, une psychologue).

© Clémence Heller

Ce choix n’est pas anodin, il traduit une prise de risque assumée. La fondation soutient des professionnels à la croisée du soin et de la recherche, dont les projets, souvent très ancrés dans la pratique clinique, peinent à trouver leur place dans les circuits conventionnels de financement.

En finançant ces profils hybrides, la Fondation capte des besoins directement issus du terrain et favorise l’émergence de solutions au plus près des patients.

Transformer les enseignements de la recherche en solutions concrètes

La Fondation se positionne à un moment charnière : celui où la recherche commence déjà à produire des effets sur les pratiques de soin, sans attendre une généralisation de promesses thérapeutiques à grande échelle. Elle soutient majoritairement des travaux de recherche translationnelle (51 %) qui explorent de nouvelles approches à partir de pathologies connues ; et des recherches cliniques (37 %) qui testent des solutions thérapeutiques.

Le soutien financier aux projets de recherches pré-cliniques, fondamentales ou pratiques existe de manière minoritaire. Lorsque ces travaux sont retenus à la fois par les experts indépendants, les salariés, le conseil scientifique et le directoire de la Fondation, c’est parce que leurs perspectives d’applications sont diverses, dans un délai relativement rapide.

 

Pre Eveno et son équipe (soutenue par l’Appel à Projets Recherche Médicale, APRM) au CHU de Lille, à l’occasion de la venue de Marion Lelouvier

L’objectif est de traduire une orientation claire : accélérer la transformation des connaissances en expérimentations fiables et concrètes.

Une diversité thématique au service des enjeux de santé

La Fondation intervient dans près de 23 champs thématiques, couvrant un large spectre des enjeux de santé.

Trois dynamiques se dégagent avec des axes historiques, comme la recherche sur les maladies cardiovasculaires, ou des priorités majeures de santé publique, notamment l’oncologie (23 %) et la neurologie (10 %) mais aussi des champs émergents ou moins visibles, liés à la prévention, au dépistage ou aux maladies chroniques et rares.

Dre Claire Crola Da Silva et Dre Mélanie Paillard, soutenues par l’APRM © Magenta Films

Cette diversité reflète une approche singulière. Aucun domaine n’est exclu, dès lors que les projets répondent à des besoins médicaux avérés, peu ou pas couverts, et reposent sur une rigueur scientifique validée.

Au-delà du financement, un rôle de catalyseur

Ces enseignements convergent vers une même réalité. La Fondation de l’Avenir ne se contente pas de financer la recherche, elle agit comme un catalyseur en rendant possible des projets situés dans l’angle mort des financements traditionnels et conventionnels.

La mesure d’impact constitue une étape clé pour renforcer son soutien toujours plus précis, pertinent et transformateur au service de l’innovation médicale et de l’amélioration des soins. Imaginée il y a 40 ans, la Fondation n’a eu de cesse de construire et partager des retours d’expérience, afin de nourrir ses dispositifs, ses partenariats et ses rencontres. Elle dispose aujourd’hui d’une pluralité d’expertises, au service des financeurs et des acteurs de santé.