Virage préventif : la Fondation de l’Avenir en éclaireur

Publié le 15/10/2026

Agir avant que la maladie ne survienne, ou mieux créer les conditions qui permettent à chacun de vivre en bonne santé : la France en débat de plus en plus, elle y investit encore trop peu. Sur le terrain, le virage préventif a débuté depuis longtemps. En véritable laboratoire, conçu par des cliniciens chercheurs et des dirigeants de mutuelles, la Fondation de l’Avenir en est l’un des moteurs : elle repère, finance et évalue les projets qui le concrétisent. Dans cet objectif, elle interagit avec des médecins évidemment, et aussi avec des professions paramédicales, des chercheurs en sciences humaines et sociales, des ingénieurs.

Un retard chiffré, un investissement rentable

En 2025, selon la Drees, la France a consacré 2,6 % de ses dépenses de santé à la prévention, soit 9,2 Md€ sur 353,2 Md€, loin des 5 % recommandés par l’OMS. Dans le même temps, les maladies chroniques touchent près de 25 millions de personnes et représentent plus de 65 % des dépenses de l’Assurance maladie. En juin 2026, le Sénat a durci le ton. Son rapport « Beaucoup de soin, mais peu de santé : l’impératif de la prévention » estime que l’explosion des pathologies chroniques évitables menace la soutenabilité de notre modèle solidaire, et appelle à porter l’effort à 7 %.

Le constat est d’autant plus sévère que la prévention soulage aussi les finances publiques. Selon l’OMS, 1 € investi dans la santé mentale ou l’activité physique génère 4 € de gains sanitaires et de productivité, et jusqu’à 12 € pour l’alimentation.  Le cabinet Asterès chiffre de 5 à 17 Md€ par an les économies potentielles d’un effort renforcé. La Cour des comptes l’avait calculé dans son rapport de 2021 : une année supplémentaire d’espérance de vie en bonne santé représente 1,5 Md€ d’économies pour l’Assurance maladie.

© Monkeybusinessimages, ThinkStock

La santé se joue aussi hors du soin

L’OCDE, dans une étude conduite avec l’assurance maladie et publiée en juin 2026 montre que sept interventions déployées au niveau national produiraient des effets visibles en dix ans : mortalité prématurée réduite, dépenses contenues, productivité accrue. En renfort, tout ce qui se joue hors du soin, la qualité de l’air, de l’alimentation ultra transformée, les mobilités ou les conditions de vie sont autant de leviers pour favoriser et protéger la santé.

L’ensemble de ces constats appelle à des politiques publiques qui agissent positivement sur les déterminants socio-économiques et environnementaux de la santé et évaluent a priori les impacts qui pourraient détériorer ces déterminants de santé.

La Fondation, là où le virage se prépare

Le virage préventif ne se décrète pas : il se teste et se met en œuvre, projet après projet. C’est le travail mené depuis près de 40 ans par la Fondation de l’Avenir, au plus près des mutuelles dont elle émane, et c’est là que se dessinent les questions et réponses sur la santé de demain.

Zoom sur les projets soutenus par la Fondation

Du dépistage à l’accès aux soins, la Fondation de l’Avenir soutient des projets de recherche qui donnent corps au virage préventif.

Dépistage du cancer du sein : lever les freins pour les femmes atteintes de sclérose en plaques

Avec la Fondation Matmut Paul Bennetot et la Chaire INSPIRE, la Fondation de l’Avenir soutient le projet de la Dre Emmanuelle Leray sur les freins au dépistage du cancer du sein chez les femmes atteintes de sclérose en plaques. Une bande dessinée réalisée par Clémence Heller présente les obstacles auxquels ces patientes sont confrontées (fatigue, difficultés d’accès aux cabinets médicaux, handicap invisible), et les pistes pour les lever, afin que le dépistage soit réellement accessible à toutes.

© Clémence Heller

Prévenir les vulnérabilités en santé

La Fondation de l’Avenir soutient la création d’un Observatoire des situations de vulnérabilité liées à la santé, afin que le virage préventif profite à tous.

Ce programme comporte deux volets :

  • Une expérimentation clinique, pour dépister ces situations et en diagnostiquer les composantes sociales, physiques, psychologiques, environnementales ;
  • Une mission d’observation, pour les mesurer et les décrire afin d’alimenter la recherche.

In fine, le but est de permettre un suivi personnalisé pour chaque personne.

Cancer colorectal : de la prévention à la thérapie ciblée

La Fondation de l’Avenir soutient les recherches du Dr Benoît Chassaing sur les bactéries intestinales capables de favoriser l’apparition du cancer colorectal. Ces travaux pourraient déboucher sur des tests de dépistage précoce et sur une prévention ciblée, qui agirait sur le microbiote avant que la maladie ne se déclare.

Sur la route, motards et grand public face à face

Le 23 octobre, la Fondation Mutuelle des Motards, abritée par la Fondation de l’Avenir, dévoile la deuxième édition de son baromètre « Regards croisés sur la route », réalisé par Viavoice. Le principe : poser les mêmes questions à 2 000 Français et à 677 motards pour confronter leurs regards sur le partage de la route, les risques et la prévention. Premier écart : 74 % des motards associent des émotions positives à leurs trajets, contre 65 % du grand public.

📅 Vendredi 23 octobre, de 10h à 12h
📍 Immeuble ILO, 123 boulevard de Grenelle, Paris 15e