Cancer colorectal : de la prévention à la thérapie ciblée

Le cancer colorectal est un cancer qui touche le côlon (le gros intestin) et le rectum. Il est le troisième cancer le plus fréquent en France. Dans plus de 80 % des cas, ce type de cancer se déclare à la suite d’une tumeur bénigne, que l’on appelle « polype ». Avec le temps, les cellules cancéreuses peuvent migrer dans l’organisme et créer des métastases.

Cancer colorectal : une maladie encore trop fréquente

Chiffres clés en France

En France, le cancer colorectal représente 47 582 nouveaux cas diagnostiqués en 2023, dont 26 212 chez les hommes et 21 370 chez les femmes, selon l’Institut National du Cancer.

L’âge médian au moment du diagnostic se situe autour de 71 ans chez l’homme et de 72 ans chez la femme.

Si l’incidence tend à légèrement diminuer chez les hommes, avec une baisse moyenne de 0,5 % par an entre 2010 et 2023, elle connaît en revanche une légère augmentation chez les femmes (+ 0,4 % sur la même période).

En 2023, 16 975 décès ont été recensés, dont 8 977 chez les hommes et 7 998 chez les femmes. L’âge médian au moment du décès est plus élevé, atteignant 77 ans chez les hommes et 81 ans chez les femmes.

Un cancer colorectal détecté tôt se guérit 9 fois sur 10.

Facteurs de risque du cancer colorectal

Le cancer colorectal résulte de l’interaction de plusieurs facteurs de risque, à la fois biologiques, héréditaires, génétiques et environnementaux. Parmi eux, on retrouve :

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  • L’âge, avec une majorité des cas déclarés après 50 ans ;
  • Le fait d’avoir déjà eu un cancer colorectal ou un diagnostic de tumeur bénigne de type polype du côlon ou du rectum ;
  • Les antécédents familiaux de cancer colorectal ou de polypes (le risque est accru si un parent du premier degré a eu un cancer colorectal avant 60 ans, ou encore si deux parents du premier degré ont eu un cancer colorectal) ;
  • La présence de mutations génétiques familiales ;
  • Certaines maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), telles que la rectocolite hémorragique ou la maladie de Crohn ;
  • Une alimentation riche en viandes rouges et transformées, pauvre en fibres ;
  • Le tabagisme et la consommation excessive d’alcool ;
  • La sédentarité et l’inactivité ;
  • Le surpoids et l’obésité.

Certaines formes familiales de cancers colorectaux sont liées à des mutations génétiques (moins de 5 % des cas). C’est notamment le cas des cancers colorectaux avec polypose adénomateuse (caractérisée par l’apparition de nombreux polypes du côlon) et des formes sans polypose, qui elles sont associées au syndrome de Lynch (un syndrome qui prédispose les personnes atteintes à ce type de cancer).

Certaines études ont également montré qu’il pouvait y avoir un lien entre l’apparition d’un cancer colorectal et une exposition prolongée à l’amiante en milieu professionnel.

La Fondation de l’Avenir soutient actuellement un projet dont l’objet est d’identifier certaines bactéries intestinales et de déterminer leur rôle dans l’apparition du cancer colorectal. Lors de la rencontre donateurs du 20 juin 2024, le Dr Benoît Chassaing (porteur du projet), a pu exposer ses recherches sur le microbiote intestinal.

Dr Benoît Chassaing lors de la rencontre donateurs 2024

La Fondation travaille aussi à mieux comprendre le lien entre micro ARN et microbiote.

Prévention et hygiène de vie

La prévention du cancer colorectal repose en grande partie sur des mesures simples, accessibles à toutes et à tous : adopter une alimentation équilibrée, riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes), limiter la consommation de viande rouge et transformée, pratiquer une activité physique régulière et éviter le tabac, sont autant de leviers efficaces pour réduire le risque.

Au-delà de ces habitudes de vie, la prévention passe aussi par une meilleure information du public. La Fondation de l’Avenir, en diffusant les connaissances issues de la recherche et en soutenant des projets innovants, contribue à renforcer cette sensibilisation et à faire évoluer les comportements.

Symptômes et diagnostic du cancer colorectal

Symptômes précoces

Certains signes doivent alerter :

  • des troubles du transit (diarrhée, constipation inhabituelle, alternance entre les deux, envie fréquente d’aller à la selle),
  • la présence de sang dans les selles,
  • des douleurs abdominales persistantes,
  • une masse lorsque l’on palpe l’abdomen,
  • une fatigue inexpliquée,
  • une dégradation de l’état général avec une perte de poids involontaire et d’appétit,
  • une anémie.
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Ces symptômes ne sont pas spécifiques du cancer colorectal, mais leur persistance doit conduire le patient à consulter un professionnel de santé.

Dépistage du cancer colorectal par test immunologique

En France, un programme national de dépistage organisé est proposé tous les deux ans aux personnes âgées de 50 à 74 ans. Il repose sur un test immunologique, simple, rapide et réalisable à domicile. Concrètement, il permet de détecter la présence de sang occulte (non visible à l’œil nu) dans les selles, pouvant révéler la présence de polypes ou d’une tumeur.

En cas de résultat positif de l’analyse de l’échantillon de selles par un laboratoire de biologie médicale, une coloscopie est réalisée pour examiner le côlon et le rectum, afin de détecter d’éventuelles lésions et de les retirer avant qu’elles n’évoluent en cancer.

La Fondation de l’Avenir a contribué à l’élaboration de l’application CONECCTapp, une application qui permet de classifier une grande variété de lésions et de faciliter la proposition d’un traitement pertinent et efficace pour guérir le patient.

Diagnostic et stadification du cancer colorectal

C’est l’analyse anatomopathologique des prélèvements (biopsies) qui confirme le diagnostic de cancer colorectal.

Ensuite, le stade d’évolution du cancer colorectal est déterminé par :

  • un bilan sanguin : l’objectif est d’évaluer le taux de concentration d’un marqueur tumoral appelé ACE (antigène carcino-embryonnaire) et, parfois, de procéder à des analyses génétiques ;
  • un bilan d’extension du cancer colorectal : cette étape consiste à mesurer l’étendue du cancer, en effectuant divers examens (scanner du thorax, de l’abdomen ou de la région pelvienne, échographie endorectale et de la région pelvienne, IRM de l’abdomen et de la région pelvienne ou encore tomographie par émission de positons).

Grâce à ces 2 bilans, on précise le stade du cancer et on peut ainsi définir le traitement adapté.

Il existe cinq stades du cancer colorectal différents, à savoir :

  • les stades 0 (cancer in situ), I et II, qui correspondent aux cancers se limitant au côlon et/ou aux organes à proximité,
  • le stade III dans lequel un ou plusieurs ganglions proches du côlon sont atteints, ● et le stade IV qui concerne les formes métastasées.

Les avancées de la recherche contre le cancer colorectal

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Biomarqueurs et détection précoce

Les biomarqueurs sont des caractéristiques de notre corps pouvant être mesurées, tel qu’un gène, une molécule ou un paramètre sanguin. Dans le cadre de la détection précoce du cancer colorectal, les biomarqueurs recherchés sont le sang dans les selles par test immunologique, ainsi que l’antigène carcino-embryonnaire (ACE).

Certains biomarqueurs génétiques et moléculaires permettent aussi de guider le diagnostic, tels que les gènes RAS (KRAS et NRAS), BRAF, EFGR, HER2, PIK3CA, PD- L1, NTRK, TRK fusions, TMB et MSI-H/dMMR.

Immunothérapie et thérapies ciblées

L’immunothérapie consiste à stimuler le système immunitaire du patient pour qu’il reconnaisse et attaque les cellules cancéreuses. Elle est très efficace pour traiter certains cancers colorectaux, comme les tumeurs qui présentent une instabilité des microsatellites (MSI), autrement dit qui comportent des erreurs dans leur ADN. Ce dysfonctionnement les rend en effet plus « visibles » pour le système immunitaire.

Les thérapies ciblées, quant à elles, sont des médicaments anticancéreux qui viennent bloquer un mécanisme précis de la cellule cancéreuse. Deux grands types sont utilisés dans le traitement du cancer colorectal : les anti-angiogéniques (qui bloquent la formation de nouveaux vaisseaux au sein et autour de la tumeur) et les anti-récepteurs à l’Epidermal Growth Factor, qui empêchent le cancer de s’étendre.

La Fondation de l’Avenir soutient de nombreux projets et essais cliniques pour améliorer les traitements du cancer colorectal et construire une prise en charge toujours plus efficace. Elle participe par exemple en ce moment à l’étude de mécanismes cellulaires de résistance à la chimiothérapie.

Les innovations chirurgicales liées au cancer colorectal

La chirurgie reste le traitement principal du cancer colorectal, notamment aux stades précoces. Les innovations technologiques de ces dernières années ont permis de rendre les interventions moins invasives, en particulier grâce à la chirurgie mini-invasive (coelioscopie) et à la chirurgie robotique.

Patients et chercheurs : un partenariat décisif

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Participation aux essais cliniques

La participation des patients aux essais cliniques joue un rôle clé dans les progrès médicaux. Elle permet de tester de nouvelles approches thérapeutiques, d’affiner les traitements existants et d’améliorer la compréhension de la maladie.

Ces recherches, menées avec rigueur, sont à l’origine d’avancées significatives et mettent en lumière les besoins encore présents pour continuer à faire évoluer les prises en charge.

Les essais cliniques sur le cancer colorectal se distinguent par la diversité des approches testées, qui sont le reflet de la complexité d’une maladie aux profils moléculaires variés. Ils explorent des traitements adaptés au stade du cancer, de l’optimisation des thérapies après chirurgie à la mise au point de combinaisons innovantes pour les formes avancées. La recherche s’oriente désormais vers la personnalisation des soins grâce à l’étude de biomarqueurs comme l’instabilité microsatellitaire et à une meilleure compréhension du rôle du microbiote intestinal, deux aspects propres à cette pathologie.

Consentement et droits des patients

La participation à un essai clinique repose sur le consentement libre et éclairé du patient. Celui-ci doit être informé de manière claire et compréhensible sur les objectifs, les bénéfices et les risques potentiels.

Le respect des droits des patients est une priorité absolue, inscrite dans les valeurs de transparence et de proximité portées par la Fondation de l’Avenir.

Cette exigence éthique est indispensable pour instaurer une relation de confiance entre patients, soignants et chercheurs, ainsi que pour garantir la qualité des recherches menées.

Soutenir la recherche médicale

Derrière chaque avancée contre le cancer colorectal, il y a des années de recherche, d’engagement et de collaboration entre de nombreux acteurs.

Soutenez la Fondation de l’Avenir et contribuez à faire émerger des solutions médicales toujours plus efficaces, accessibles et humaines pour mieux soigner et accompagner les patients face à la maladie.