En 2022, selon le Ministère de la Santé, plus de 4,3 millions de Français étaient identifiés comme diabétiques par l’assurance maladie. La Fondation de l’Avenir finance chaque année de nombreux projets de recherche, pour mieux comprendre et prendre en charge cette maladie encore incurable.
Le diabète est une maladie chronique qui est liée à un dysfonctionnement de la régulation du sucre dans le sang (c’est ce qu’on appelle la glycémie). En temps normal, l’organisme utilise le glucose comme un carburant énergétique. Celui-ci entre dans les cellules grâce à l’insuline (une hormone produite par le pancréas).
Lorsque l’insuline est absente, insuffisante ou inefficace, le sucre s’accumule alors dans le sang, ce qui entraîne une hyperglycémie (un taux de glucose trop élevé).
Il existe plusieurs formes de diabète, chacune ayant des causes et des mécanismes particuliers.
Il résulte d’une destruction auto-immune des cellules du pancréas qui produisent l’insuline. Le corps ne fabrique donc plus du tout cette hormone. Ce type de diabète apparaît = chez l’enfant ou le jeune adulte et nécessite un traitement par insuline dès le diagnostic. Il est beaucoup moins fréquent que le diabète de type 2 (6 %).
Il représente près de 92 % des cas. Dans ce contexte, la maladie est liée à une baisse de sensibilité des cellules à l’insuline. L’organisme demande donc plus d’insuline que la normale et les cellules du pancréas en produisent en excès, jusqu’à épuisement.
Cette forme de diabète survient pendant la grossesse, lorsque les hormones perturbent la régulation de l’insuline. Bien que temporaire, il augmente le risque de complications à la naissance et le risque de diabète de type 2 ultérieur. Il nécessite un suivi attentif, pour la mère comme pour l’enfant.
Parmi les symptômes fréquents du diabète, on retrouve :
Lorsque le diabète de type 1 n’est pas traité, d’autres symptômes peuvent apparaitre, comme des nausées et des vomissements, une perte d’appétit, une somnolence et des troubles plus importants de la vue. On observe aussi une haleine à l’odeur fruitée et une odeur anormale des urines.
Parfois, le diabète évolue longtemps sans provoquer de signe. C’est le cas du diabète de type 2 pour lequel la glycémie augmente très progressivement. En plus des symptômes généraux, les patients atteints de cette forme de diabète peuvent souffrir de démangeaisons au niveau des organes génitaux et être sujets à une cicatrisation très lente des plaies.
Les facteurs de risque du diabète de type 2 sont nombreux :
Les causes du diabète de type 1 ne sont pas encore clairement identifiées. Elles seraient liées à une association entre prédispositions génétiques et facteurs environnementaux, tels que la pollution ou les perturbateurs endocriniens.
Plus le diabète est dépisté tôt et plus on arrive à éviter les complications graves associées. Le dépistage du diabète repose sur une simple prise de sang, qui permet de mesurer le taux de glucose circulant. Il s’agit d’évaluer la glycémie, à jeun depuis 8 à 12 heures. Le diabète est alors confirmé lorsque la glycémie atteint ou dépasse 1,26 g/L à deux reprises, ou lorsqu’elle dépasse 2 g/L à n’importe quel moment de la journée.
Il est également possible de rechercher la présence d’auto-anticorps, des marqueurs caractéristiques du diabète de type 1.
Par ailleurs, à la suite du diagnostic, les outils connectés permettent aujourd’hui une surveillance plus simple, plus fiable et surtout continue. Les modes de mesure du taux de glucose reconnus par les autorités sanitaires sont des systèmes de surveillance tels que :
Le diabète de type 1 nécessite un traitement quotidien, à vie, sans interruption, visant à maintenir une glycémie équilibrée grâce à un apport d’insuline que le pancréas ne produit plus.
Il existe plusieurs insulines selon leur rapidité et leur durée d’action :
Le traitement consiste généralement à injecter une insuline rapide à chaque repas, associée à une insuline lente une fois par jour. Les doses sont ajustées en fonction du poids, de la glycémie, de l’alimentation et de l’activité physique.
L’insulinothérapie peut être personnalisée (insulinothérapie fonctionnelle) pour imiter au mieux le fonctionnement naturel du pancréas : elle repose sur 4 à 5 injections quotidiennes ou sur une pompe à insuline.
Le traitement du diabète de type 2 a pour but de rétablir l’équilibre de la glycémie selon différents mécanismes d’action. Plusieurs familles de médicaments antidiabétiques sont habituellement prescrites et elles diffèrent selon leur mode d’action :
L’insuline et les analogues du GPL 1 sont des médicaments injectables, alors que les autres sont des antidiabétiques oraux.
La Fondation de l’Avenir soutient actuellement un projet qui explore une approche innovante et moins invasive de traitement, basée sur la simple section de petits nerfs se dirigeant dans le foie : les « nerfs sympathiques », qui augmentent la production hépatique du glucose.
De nombreuses innovations ont vu le jour ces dernières années :
Elles facilitent la gestion du traitement, que ce soit en prévention ou dans les parcours de soins.
La médecine de précision vise à adapter le traitement à chaque patient en tenant compte :
De nouvelles innovations permettent aujourd’hui d’améliorer cette médecine de précision. Par exemple, il existe maintenant des systèmes de boucle fermée, des dispositifs de délivrance automatisée de l’insuline, qui combinent un capteur de glucose et un algorithme d’intelligence artificielle.
De grandes avancées scientifiques ouvrent déjà des perspectives nouvelles :
La Fondation de l’Avenir finance d’ailleurs un projet qui vise à améliorer la réparation osseuse chez les personnes diabétiques.
Certains signes doivent alerter, surtout s’ils persistent : soif intense, fatigue inhabituelle, réveils nocturnes pour uriner, infections à répétition, cicatrisation lente, perte de poids, démangeaisons, vision trouble…
Les reconnaître permet de consulter rapidement et d’éviter une évolution silencieuse.
Une hyperglycémie prolongée peut fragiliser les nerfs (neuropathie), les yeux (rétinopathie), les reins (néphropathie), favoriser les maladies cardiovasculaires et fragiliser les os. Prévenir ces complications repose sur :
Le projet Retina Read Risk soutenu par la Fondation de l’Avenir développe un nouveau processus de dépistage de la rétinopathie diabétique, pensé pour être plus sûr pour les patients et moins chronophage pour le personnel médical. Aujourd’hui, Retina Read Risk a déjà détecté un risque de rétinopathie pour plusieurs patients enrôlés et les a orientés vers des tests complémentaires.
La Fondation de l’Avenir souhaite aussi transformer le dépistage de la rétinopathie diabétique avec l’IA et la télémédecine.
Vivre avec une maladie chronique peut générer du stress, une anxiété ou un sentiment d’épuisement. Un accompagnement psychologique, des groupes de parole ou un suivi par un psychologue spécialisé peuvent aider à reprendre le contrôle de sa vie et à mieux gérer la maladie au quotidien.
Les associations de patients jouent un grand rôle dans la maladie : elles offrent information, soutien moral, ateliers d’éducation thérapeutique et accompagnement aux changements de mode de vie. Le soutien par les pairs, basé sur le partage d’expérience, améliore l’autonomie et aide à surmonter les difficultés du quotidien.
Faites un don à la Fondation de l’Avenir et aidez la recherche à innover en matière de prévention, de traitement et de suivi du diabète.