Obésité

L’obésité est une pathologie qui touche de plus en plus de personnes dans le monde et elle est fortement associée à plus de 250 autres pathologies, dont le diabète, les maladies cardiaques et d’autres maladies non transmissibles (MNT). Elle a des conséquences à la fois physiques, psychologiques et sociales. La Fondation de l’Avenir investit chaque année dans de nombreux projets et études dont l’objectif est d’améliorer son dépistage et ses traitements.

Qu’est-ce que l’obésité ?

Définition et critères de l’OMS (IMC, seuils et limites)

L’obésité est une maladie chronique liée à un excès de masse grasse corporelle, qui dépasse ce que l’organisme peut gérer sans altération de son fonctionnement. Elle est évaluée principalement grâce à l’indice de masse corporelle (IMC), un indicateur simple calculé en divisant le poids par la taille au carré (jusqu’à l’adolescence, les catégories de l’IMC qui définissent l’obésité varient selon l’âge et le genre).

On parle d’obésité chez les adultes lorsque l’IMC est égal ou supérieur à 30 kg/m² (entre 30 et 34,9 : obésité modérée ; entre 35 et 39,9 : obésité sévère ; au-delà de 40 : obésité massive).

Taux d’obésité en France et dans le monde : chiffres clés et évolution

En 2024, d’après l’Observatoire français d’épidémiologie de l’obésité (OFÉO), près de 17,9 % des Français adultes étaient concernés par la maladie. Si l’on inclut à la fois le surpoids et l’obésité, 48,8 % étaient touchés, soit près d’un adulte sur deux.

À l’échelle mondiale, l’obésité progresse de manière alarmante. En 2022, d’après l’OMS, 16% de la population mondiale était obèse.

Types d’obésité (abdominale, gynoïde, infantile, morbide)

Il existe plusieurs types d’obésité. En particulier :

  • L’obésité abdominale, qui se caractérise par une accumulation de graisse, surtout au niveau du ventre et des viscères. C’est la forme la plus à risque sur le plan métabolique (risque cardiovasculaire, diabète de type 2…), car la graisse viscérale est très active sur le plan inflammatoire ;
  • L’obésité gynoïde, pour laquelle la graisse se concentre surtout au niveau des hanches, des fesses et des cuisses. Cette forme est plus fréquente chez les femmes et peut favoriser l’arthrose et les troubles articulaires ;
  • L’obésité infantile (ou obésité pédiatrique), qui touche donc l’enfant et l’adolescent. Elle se caractérise par un excès de masse grasse se constituant pendant la croissance, ce qui augmente fortement le risque d’un maintien de l’obésité à l’âge adulte si elle n’est pas prise en charge ;
  • L’obésité morbide (ou obésité massive), qui correspond à un IMC supérieur à 40 kg/m². Elle entraîne généralement des complications sévères et une réduction de l’espérance de vie, nécessitant une prise en charge spécialisée.

Facteurs biologiques, génétiques et environnementaux

L’obésité est multifactorielle.

Sur le plan biologique, le sexe (féminin), certaines périodes hormonales (grossesse, ménopause), des maladies endocriniennes (comme l’hypothyroïdie) ou encore l’effet secondaire de certains médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, antiépileptiques, antidiabétiques…) peuvent faciliter l’augmentation de la masse grasse.

Des vulnérabilités génétiques existent également : les enfants de parents obèses ont un risque plus élevé de le devenir à leur tour et certaines maladies génétiques peuvent s’accompagner d’une obésité.

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Les facteurs environnementaux jouent aussi un rôle majeur : l’alimentation riche en sucres / graisses, la consommation régulière de boissons sucrées comme les sodas, la sédentarité (écrans, mode de vie assis, déplacements motorisés), la diminution du sommeil ou encore le stress chronique, sont des facteurs avérés favorisant l’obésité.

Nouvelles approches de recherche sur les déterminants précoces

Des études travaillent sur de nouvelles approches pour détecter précocement l’obésité. Elles s’intéressent entre autres à des facteurs prénataux tels que le tabagisme maternel pendant la grossesse, un poids maternel pré-grossesse élevé ou une prise de poids excessive pendant la gestation, qui seraient associés à un risque accru d’obésité chez l’enfant.

Conséquences et dépistage innovant

Maladies associées à l’obésité (cardio-métaboliques, cancers, fertilité)

Le surpoids et l’obésité prédisposent à la survenue d’autres maladies.

L’obésité augmente en particulier le risque de maladies cardiovasculaires. Elle favorise notamment l’hypertension artérielle, une élévation du taux de graisses dans le sang (cholestérol et triglycérides) ainsi que diverses pathologies cardiaques comme l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde ou l’insuffisance cardiaque. Elle accroît le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’artérite des membres inférieurs.

Le surpoids et l’obésité augmentent également le risque de développer certains cancers, particulièrement le cancer du sein après la ménopause, de l’endomètre, de l’ovaire, de l’œsophage, du pancréas, du côlon et du rectum, de la vésicule biliaire, du foie, du rein ou encore de la prostate.

Les personnes souffrant d’obésité sont aussi plus exposées aux maladies métaboliques comme le diabète de type 2, la stéatose hépatique (« foie gras ») ou encore la goutte. La maladie peut entraîner d’autres dysfonctionnements comme un reflux gastro-œsophagien, la formation de calculs biliaires ou même une insuffisance rénale.

La Fondation de l’Avenir soutient un projet qui vise à évaluer l’efficacité de la chirurgie de l’obésité sur l’accès et le résultat d’une greffe rénale.

Impact sur la santé mentale et la qualité de vie

L’obésité ne touche pas uniquement le corps : elle a aussi un impact profond sur la santé mentale et la qualité de vie. Au quotidien, elle altère la mobilité, réduit l’autonomie et impacte ainsi la vie sociale, professionnelle et familiale.

Les personnes touchées par l’obésité peuvent développer une baisse de l’estime de soi, un sentiment de honte ou de culpabilité, très souvent renforcé par le regard des autres, la stigmatisation et les discriminations. Cette pression psychologique et sociale peut favoriser l’anxiété, les troubles de l’humeur, voire une dépression.

Dépistage précoce et suivi personnalisé (biomarqueurs, outils connectés)

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, le dépistage et le suivi de l’obésité doivent se faire le plus tôt possible, être continus et adaptés à chaque situation. La mesure régulière de l’IMC dès l’enfance permet de repérer rapidement un surpoids ou une obésité. La recherche et le suivi de biomarqueurs sont aussi déterminants. Parmi les principaux biomarqueurs de l’obésité, on retrouve par exemple :

  • Les microARN : ce sont de petits fragments d’ARN qui régulent l’expression de gènes impliqués dans le métabolisme des graisses et du glucose. Certains sont surexprimés chez les personnes obèses ;
  • Les biomarqueurs inflammatoires : l’obésité s’accompagne souvent d’un état inflammatoire chronique de bas grade, reflété par des taux élevés de CRP, d’interleukine-6 (IL-6) et de TNF-α, des molécules produites par le tissu adipeux ;
  • Les adipocytokines : ce sont des hormones sécrétées par le tissu adipeux. Leur expression élevée peut aggraver les complications liées à l’obésité.

Dès le diagnostic, une évaluation multidimensionnelle (qui intègre les aspects physiques, psychologiques et sociaux) guide la mise en place d’un accompagnement personnalisé. L’objectif principal n’est pas toujours la perte de poids, mais la prévention des complications, le traitement des symptômes, la restauration de l’équilibre de vie et la mise en place d’une éducation thérapeutique durable.

Les outils connectés (montres, capteurs d’activité, dispositifs de suivi du sommeil) contribuent aujourd’hui favorablement à ce suivi, grâce à la mesure en continu de l’activité physique, de la sédentarité ou encore de la qualité de l’alimentation.

Innovations en prévention : programmes ciblés et populationnels

En 2022, lors de la 75ᵉ Assemblée mondiale de la santé, les États membres ont adopté le Plan d’accélération de l’OMS pour stopper l’obésité. L’année suivante, l’Organisation mondiale de la santé a présenté le Cadre de prestation de services de prévention et de prise en charge de l’obésité. Ce dispositif souligne la nécessité d’intégrer la prévention et la prise en charge de l’obésité à tous les niveaux du système de santé, des soins de première ligne aux structures spécialisées.

Prise en charge et avancées thérapeutiques

Rééquilibrage alimentaire, activité physique et soutien psychologique

Le traitement de l’obésité repose principalement sur un rééquilibrage alimentaire, une activité physique régulière et un accompagnement psychologique (particulièrement indispensable dans les cas de troubles du comportement alimentaire). Un suivi pluridisciplinaire (intégrant médecin généraliste, diététicien ou nutritionniste) aide à modifier durablement les habitudes de vie et à prévenir les complications métaboliques.

Chirurgie bariatrique : techniques et améliorations récentes

La chirurgie bariatrique est proposée aux personnes atteintes d’obésité sévère lorsque les autres traitements échouent. Les techniques utilisées comme la sleeve gastrectomie (une intervention où l’on retire 70 à 80 % de l’estomac ce qui permet de réduire la quantité d’aliments pouvant être ingérés et de diminuer l’hormone de l’appétit) ou le bypass gastrique (qui consiste à créer une petite poche gastrique, séparée du reste de l’estomac, puis à relier cette poche directement à l’intestin grêle) modifient le système digestif pour réduire les apports alimentaires et réguler l’appétit.

La Fondation de l’Avenir soutient plusieurs projets de recherche sur ces interventions :

Nouveaux médicaments et traitements (agonistes hormonaux, thérapie cellulaire)

Deux types de traitements médicamenteux peuvent être prescrits dans la prise en charge de l’obésité :

  • L’orlistat, qui agit directement sur le système digestif en bloquant l’absorption d’une partie des graisses alimentaires ;
  • Les analogues du GLP-1, qui imitent une hormone naturellement sécrétée par l’intestin après les repas, pour une meilleure régulation du métabolisme et une perte de poids durable.

La thérapie cellulaire (qui permet de réparer des tissus ou des fonctions biologiques défaillantes) offre aussi plusieurs pistes de thérapie. Il est par exemple possible d’injecter des cellules souches issues de tissus adipeux blancs d’un donneur ou du patient, pour activer la perte de poids en stimulant la combustion des graisses et des sucres et en améliorant le métabolisme.

Participation active des patients, pair-aidance et innovations sociales

La lutte contre l’obésité repose aussi sur la contribution des patients. Les réseaux de pair-aidance (qui regroupent d’anciens patients souhaitant accompagner ceux en cours de parcours) favorisent la motivation, le partage d’expériences et la gestion du sentiment d’isolement.

Soutenez la Fondation de l’Avenir en faisant un don et aidez la recherche médicale à innover pour mieux prévenir, traiter et accompagner l’obésité et ses complications.