Selon la Haute Autorité de Santé, environ 130 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral en France chaque année : 40 000 d’entre elles décèdent de ses suites et 30 000 en gardent de lourdes séquelles. La Fondation de l’Avenir finance de nombreux projets pour améliorer le dépistage, le traitement et le suivi post AVC des patients.

AVC ischémique © Smart Servier medical art
Il existe différents traitements pour traiter l’AVC ischémique, autrement dit la forme la plus fréquente de l’accident vasculaire cérébral (environ 80 % des cas) :
Il y a tout d’abord la thrombolyse intraveineuse, qui consiste à dissoudre le caillot qui bloque l’artère cérébrale par l’injection d’un médicament, tel que l’altéplase ou la ténectéplase. Ce geste doit être réalisé dans les 4 h 30 suivant le début des symptômes pour limiter les lésions cérébrales et leurs séquelles.
Lorsque l’AVC est découvert tardivement (par exemple au réveil), l’IRM de perfusion ou le scanner de perfusion peuvent aider à déterminer si une thrombolyse reste possible au-delà du délai habituel.
Le deuxième traitement possible est la thrombectomie mécanique endovasculaire. Il est notamment privilégié lorsque le caillot obstrue une artère intracrânienne de gros calibre. Cette technique consiste à retirer le caillot à l’aide d’un dispositif introduit dans l’artère sous contrôle radioscopique. Elle est effectuée soit d’emblée en association avec la thrombolyse, soit en recours après l’échec d’une thrombolyse ou alors seule, en cas de contre-indication à la thrombolyse.
Elle doit être réalisée dans les 6 premières heures suivant l’AVC. L’objectif est toujours le même : revasculariser rapidement le tissu cérébral menacé.
En cas d’AVC hémorragique, la priorité est de stabiliser le patient et de limiter l’extension du saignement. Le contrôle rapide de la pression artérielle est fondamental : une hypertension artérielle (HTA) augmente en effet le risque d’aggravation de l’hématome intracérébral.
Lorsque l’hémorragie survient chez une personne prenant un traitement anticoagulant, ou présentant un trouble de la coagulation, il est indispensable de corriger ces anomalies sans délai grâce à des médicaments spécifiques destinés à neutraliser l’effet des anticoagulants ou à restaurer la coagulation normale.
Dans certains cas, un traitement chirurgical peut être envisagé. Il consiste à évacuer l’hématome intracérébral, notamment lorsqu’il exerce une forte pression sur le cerveau ou lorsque sa localisation permet une intervention sécurisée. Cette décision dépend de nombreux critères, dont l’état clinique du patient, la taille de l’hématome et son emplacement.
La neurologie interventionnelle explore aujourd’hui des approches innovantes pour mieux traiter l’AVC, grâce aux nanotechnologies et aux stratégies de neuroprotection. Les nanotechnologies désignent l’ensemble des techniques et outils qui permettent d’observer, de manipuler ou d’agir sur la matière à l’échelle du nanomètre, là où apparaissent des propriétés physiques et biologiques particulières.
Aucune nanotechnologie n’est aujourd’hui utilisée en routine clinique pour traiter un AVC, que ce soit ischémique ou hémorragique.
Parmi les approches étudiées, on retrouve l’utilisation de nanomatériaux pour délivrer des médicaments directement dans la zone du cerveau privée d’oxygène, afin de dissoudre plus efficacement les caillots ou de limiter l’inflammation.
Parallèlement, la recherche avance sur des traitements de neuroprotection destinés à préserver les neurones menacés par le manque de sang, à réduire l’œdème cérébral et à limiter les séquelles.
Les essais cliniques jouent un rôle déterminant dans l’amélioration de la prise en charge de l’AVC, car ce sont eux qui permettent d’évaluer de nouveaux traitements, dispositifs médicaux et stratégies de rééducation. Ils sont aussi une chance pour certains patients d’avoir un accès anticipé à des innovations susceptibles de réduire les séquelles ou de prévenir les récidives.
Les patients partenaires, qui sont d’anciens patients ayant vécu un AVC, améliorent aussi la prise en charge, en mettant leur expérience au service d’autres patients, mais aussi au service des équipes médicales et de la recherche.
Les patients partenaires apportent en particulier un soutien précieux aux personnes hospitalisées ou en rééducation, en les aidant à comprendre les étapes du parcours de soins, en les rassurant face aux séquelles et en partageant des stratégies concrètes pour retrouver de l’autonomie.
La récupération s’appuie sur la neuroplasticité (la capacité du cerveau à se réorganiser pour créer de nouveaux circuits). Après la lésion, des zones intactes apprennent à compenser celles qui sont endommagées.
Cette plasticité est stimulée par des exercices répétés, ciblés et intensifs : rééducation motrice, orthophonie, ergothérapie. Plus la stimulation est précoce, plus les chances de récupérer sont importantes.
Les innovations transforment la rééducation des patients ayant subi un AVC :
La Fondation de l’Avenir soutient un projet basé sur l’hypothèse de cibles cérébrales (zones motrices) clés, qu’il faut réactiver pour mieux récupérer, en fonction du type d’AVC.
Le handicap après un AVC peut être moteur, cognitif (mémoire, attention), sensoriel ou émotionnel.
Aujourd’hui, les parcours de réadaptation sont co-construits avec le patient et ses proches et proposent ainsi des objectifs personnalisés, un aménagement du domicile selon les besoins et une reprise progressive des activités.
Une équipe pluridisciplinaire, composée généralement du médecin traitant, d’un médecin en rééducation, d’un kinésithérapeute, d’un ergothérapeute, d’un orthophoniste et d’un psychologue, accompagnent cette reconstruction.
La Fondation de l’Avenir travaille à co-construire et à évaluer un dispositif innovant pour l’incitation à l’activité physique chez les patients post-AVC.
En 2021 et selon Santé Publique France, la létalité à un an était de 20,8 % pour les patients hospitalisés pour un AVC ischémique et 37,9 % pour ceux hospitalisés pour un AVC hémorragique.
La survenue d’un premier AVC augmente le risque d’en faire un second, d’où l’importance de mettre en place une prévention des récidives dès la phase aiguë. Celle-ci repose sur plusieurs piliers : contrôler les facteurs de risque (hypertension, diabète, cholestérol, tabac), accompagner la modification des habitudes de vie grâce à l’éducation thérapeutique et traiter les pathologies associées pour réduire durablement la vulnérabilité cérébrale. Après un AVC, il est aussi indispensable de bien suivre le traitement mis en place par l’équipe soignante (généralement un traitement anticoagulant).
La Fondation de l’Avenir soutient aussi une étude sur l’efficacité des exercices d’endurance dits « fractionnés », courts et intenses, sur vélo semi-allongé pour améliorer le pronostic et le devenir des patients après AVC.
Les dispositifs connectés sont de plus en plus utilisés pour le suivi post-AVC :
Ces outils permettent de détecter rapidement des anomalies (toujours en complément du suivi médical, jamais à sa place) et de réduire les facteurs de risque modifiables de l’accident vasculaire cérébral.
Après la phase aiguë, un suivi médical à vie est indispensable. Ce suivi post AVC est aujourd’hui de plus en plus individualisé, en particulier grâce à la facilitation du lien entre patients et soignants. La téléconsultation, par exemple, permet au patient d’avoir une consultation en situation de désert médical ou si le déplacement est difficile.
Les supports d’information numérisés, la surveillance à distance des facteurs de risque et les outils connectés participent à ce suivi personnalisé.
L’éducation thérapeutique (ETP) constitue un véritable soutien pour aider les personnes ayant vécu un AVC à retrouver confiance et autonomie. Cette ETP peut se faire au travers de programmes d’apprentissage encadrés (en groupe ou individuels), ou sous forme d’ «actions éducatives » ou d’« activités éducatives ciblées », définies par la Haute autorité de santé (HAS). Elle permet principalement de mieux comprendre la maladie, de maîtriser son traitement, de gérer la fatigue et d’adopter les bons réflexes en cas de symptôme inhabituel.
Elle joue aussi un rôle clé dans la prévention d’un nouvel AVC.
Chez les jeunes, les AVC ne sont pas essentiellement liés à des causes comme l’athérosclérose ou l’hypertension artérielle. Ils peuvent être causés par :
Leur pronostic est aussi globalement meilleur, en particulier grâce à une meilleure plasticité cérébrale que les plus âgés et au fait qu’ils ont souvent moins de comorbidités.
Les associations et les patients experts renforcent la prévention auprès du grand public et le soutien post AVC des patients.
Ils soutiennent la participation aux études et relayent les besoins réels des patients. Leur engagement permet d’améliorer la sensibilisation et de mettre en œuvre des actions de prévention pertinentes.