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Mieux soigner chaque patient avec la médecine personnalisée

09.11.2016
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Le défi que relèvent la médecine et la chirurgie est de proposer aux patients des traitements adaptés à leurs caractéristiques personnelles.

La Fondation de l’Avenir a choisi cette année de mettre l’accent sur la personnalisation de la médecine pour optimiser l’efficacité des traitements à venir. L’amélioration du diagnostic ouvre la voie à des interventions plus précoces et plus efficaces et permet de mieux cerner les contre-indications.

Le conseil scientifique de la Fondation a privilégié les projets  qui ont pour objectif une plus grande personnalisation des traitements, adaptés à chaque patient et aux particularités de sa maladie, un objectif essentiel de la médecine actuelle. La Fondation a mis l’accent sur le diagnostic et le pronostic, considérablement améliorés par les progrès de l’imagerie et de la biologie.

(Voir la liste complète des 45 projets retenus dans le cadre de l’appel à projets en recherche médicale 2016 de la Fondation de l’Avenir)

Vers une médecine personnalisée

Un diagnostic affiné est la clé pour arriver à la médecine personnalisée, garantie d’une efficacité accrue des traitements, allant de pair avec la réduction des effets secondaires. Anticiper pour agir avant que la maladie nécessite des interventions et des
traitements lourds signifie que l’exercice de la médecine est désormais pluridisciplinaire, le biologiste et le radiologue travaillant en continu avec le médecin ou le chirurgien.
Les choix de la Fondation de l’Avenir illustrent une tendance majeure de la recherche médicale : l’amélioration du diagnostic, personnalisé, tenant compte des particularités du patient. Placer le patient au centre de la décision était un objectif de la médecine moderne. Cela devient une réalité, grâce aux progrès de la recherche qui permet de mieux connaître les mécanismes physiopathologiques normaux ou déréglés. La biologie pénètre au cœur de nos cellules, la radiologie associée à l’informatique reconstruit les images de notre corps en volume pour assurer la sécurité du geste chirurgical.

Cardiologie : réduire encore les risques et mieux diagnostiquer

La circulation extracorporelle (CEC), qui dérive le flux sanguin pendant une intervention cardiaque, a fait faire un bond gigantesque
à la chirurgie cardiaque, permettant de sauver de grands malades auparavant condamnés. Maintenant, il s’agit de réduire encore les effets secondaires. La grande crainte des médecins est de voir leurs malades particulièrement fragiles contracter une infection en dépit de toutes les mesures de précaution. Le docteur Jean-Marc Tadié (CHU de Rennes) s’intéresse à la lymphopénie, la baisse des lymphocytes, le type de globules blancs impliqués dans la réaction immunitaire qui diminuent au cours d’une CEC, exposant le malade à des infections. L’un des mécanismes suspectés est l’augmentation de l’activité plasmatique d’une enzyme, l’IDO, qui inhiberait la prolifération des lymphocytes. L’équipe rennaise cherche à contrer l’action de cette enzyme.

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La cardiologie pédiatrique est en plein essor. L’un des progrès attendus est, en amont du geste chirurgical, l’affinement du diagnostic. Le docteur Olivier Villemain (hôpital Necker-Enfants malades, Paris) cherche à connaître la circulation sanguine intracardiaque. Actuellement, on ne peut pas visualiser et analyser le flux sanguin à l’intérieur du coeur, alors que cette analyse pourrait aider à révéler certaines malformations cardiaques. Il va donc tester une technique d’échographie à haute cadence pour évaluer ce flux sanguin et établir les valeurs normales. Cette nouvelle technique, qui n’a pas encore été utilisée en cardiologie, présente l’avantage d’être indolore, peu coûteuse et simple. Elle serait une aide précieuse au diagnostic, à la prise de décision et au suivi des petits patients.

Neurologie : efficacité et sécurité toujours améliorées

La radiochirurgie à l’aide du Gamma-Knife a fait ses preuves. À l’hôpital de La Timone (CHU, Marseille), une centaine de patients sont ainsi opérés chaque année. Alternative à l’implantation d’électrodes dans le cerveau, cette intervention vise à réduire ou supprimer les tremblements, qu’ils soient sans cause connue ou provoqués par une maladie de Parkinson. Avec un recul de plusieurs décennies, les neurochirurgiens ont constaté que dans 80 % des cas les tremblements avaient disparu ou étaient considérablement réduits. Le professeur Jean Régis se focalise désormais sur ces 15 à 20 % de mauvais répondeurs. Soit le tremblement se maintient, soit, au contraire, plus rarement, le patient perd partiellement sa force musculaire ou a des troubles de l’équilibre, en général réversibles. Le travail de l’équipe marseillaise est d’identifier ces deux groupes en examinant le rôle d’un certain nombre de paramètres. Une amélioration du diagnostic, personnalisée, permettrait de savoir quand la radiochirurgie est contre indiquée, de modifier éventuellement les paramètres techniques et de mieux informer le patient sur ses risques et les avantages qu’il peu tirer de l’intervention.

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À l’hôpital Foch (Suresnes), le docteur Stephan Gaillard dirige le centre de simulation chirurgicale à l’intention des neurochirurgiens. Les interventions sur le cerveau restent toujours délicates en raison de la présence de fonctions essentielles qu’il ne faut pas léser. L’objectif est de réduire encore les risques d’erreur en permettant au chirurgiens de s’entraîner à la pratique du geste, en particulier pour des opérations relativement rares.
L’explosion des technologies numériques permet de reconstruire très précisément les aires du cerveau. En collaboration avec une société spécialisée dans des maquettes de simulation chirurgicale imprimées en 3D, le docteur Gaillard développe le projet NeuroSim, focalisé sur des maquettes de la base du crâne, avec l’expérimentation de deux modèles d’intervention. Le but est d’obtenir une maquette très précise, puis de la reproduire en série.

La vue et l’ouïe : adapter lestechniques aux besoins de chacun

Le progrès médical ne se limite pas à des découvertes fondamentales. Améliorer les techniques pour mettre un traitement à disposition du plus grand nombre possible est d’une importance capitale. C’est le projet du professeur Marc Muraine (CHU de Rouen). La greffe de la membrane amniotique humaine, un tissu obtenu à partir du placenta, a fait ses preuves pour accélérer de façon spectaculaire la cicatrisation de cornées lésées accidentellement ou par maladie. Actuellement, ces tissus sont conservés à -80 °C. Le professeur Muraine travaille sur la lyophilisation de ces membranes pour faciliter leur transport vers des pays lointains et démunis. Il va comparer l’efficacité des membranes
fraîches, cryopréservées et lyophilisées.

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Personnaliser le diagnostic et intervenir le plus tôt possible pour être plus efficace est aussi un objectif en ORL (médecine du nez, de la gorge et des oreilles). Le docteur Isabelle Mosnier (Pitié-Salpêtrière, Paris) veut valider de nouvelles stratégies thérapeutiques pour compenser la perte de l’audition. Les implants cochléaires, des électrodes implantées qui stimulent directement la cochlée, se sont diversifiés. Une ou deux oreilles, implants associés ou non à des prothèses auditives, comment proposer le meilleur choix aux patients ? Ces stratégies seront évaluées au moyen de caméras spécifiques utilisant des marqueurs radioactifs. Ce travail doit permettre d’améliorer la connaissance du traitement central de l’information sonore de l’entendant et du malentendant tout en appréhendant avec plus de précision le bénéfice médical rendu.

Le saviez-vous ? Les patients évaluent leur qualité de vie

Les oncologues (spécialistes des cancers) du CHRU de Besançon ont adopté un processus d’évaluation de la qualité de vie des patients souffrant d’un cancer basé sur une approche globale et personnalisée. Ceux-ci répondent à des questionnaires très larges, concernant les symptômes ou les difficultés dans la vie quotidienne, ce qui permet de réagir rapidement, si nécessaire, pour réajuster le traitement, proposer une aide psychologique ou sociale.
Source : www.reseau-chu.org

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