Fondation de l'Avenir Partenariats

Retour sur la Conférence High Value Care, de la Fondation de l’Avenir et Eit-Health

06.01.2022

Le 8 décembre dernier, dans le cadre du projet RGS@home, la Fondation de l’Avenir et l’EIT Health France ont organisé une conférence sur  le « High Value Care » (HVC) [1], démarche issue du  « Value Based Health Care » (VBHC).

Marion LELOUVIER, présidente du directoire de la Fondation de l’Avenir, a ouvert cette conférence en interrogeant la place faite au patient dans sa prise en charge et dans son parcours de soins, faisant ainsi écho aux échanges et aux conclusions du Congrès de la Fondation

Jean Marc BOUREZ, directeur de Eit-Health France a précisé la nécessité de revoir les modèles d’évaluation de l’innovation en santé, en évoquant la démarche entreprise pour établir des modèles de remboursement commun de la E-santé en Europe. 

Conférence High Value Care-table ronde

L’amphithéâtre de l’Institut Mutualiste Montsouris transformé en plateau télé pour l’occasion. De gauche à droite : Robin Eggert-Griscelli, Innovation and Projects Manager EIT Health France, Albane Pariset, Public Affairs Manager EIT Health France, Axelle Gélineau, Doctorante – PHD Student à Université de Limoges et professeur Gregory Katz, Chair Innovation & Value in Health, Université de Paris

Le professeur Grégory KATZ, Chair of Innovation & Value in Health à l’Université de Paris, a ensuite démontré que les résultats des soins d’un établissement à l’autre varient énormément (des taux de mortalité différant de 700%, des taux de complication allant  jusqu’à 3100 % ) en Europe. Il constate également que le fait de ne pas mesurer les résultats des soins entrainerait du gaspillage. L’OMS et l’OCDE estiment qu’environ 30 % des soins prodigués seraient sans bénéfice pour le patient. Son analyse est sans appel, le système de remboursement à l’acte « à l’aveugle » entraine :

  • Une difficulté pour les patients de savoir quel professionnel offre le meilleur acte ;
  • Une difficulté pour les professionnels de savoir si les soins de santé dispensés sont peu performants ou au contraire de grandes qualités ;
  • Une potentielle prime à l’échec pour les établissements de santé ;
  • Une impossibilité d’inciter les meilleurs gains de santé par les payeurs.

Le principe du HVC est de créer un registre de données « en vie réelle » mesurant les gains de santé, et de le partager entre tous les acteurs du système de santé.
Ce registre est le miroir permettant à chacun de se comparer (entre structures mais aussi entre professionnels du même service), sans finalité de jugement, mais pour comprendre ce qui peut le faire progresser. Cette démarche présuppose la transparence des résultats. Le but est d’aider les soignants à identifier les bonnes pratiques, de favoriser l’émergence et le transfert de ces dernières par des cycles itératifs d’apprentissage et de tirer vers le haut la qualité des soins. Le professeur insiste d’ailleurs sur le fait que l’incitation doit ne pas être portée sur le résultat mais sur la transparence.

Conférence High Value Care-table ronde-Hugo LANDAIS

Autre temps fort de cette conférence, la présentation des premiers résultats sur l’acceptabilité et l’usage de la solution RGS@Home, financée par l’EIT-Health (N° 19277), concernant le test en vie réelle d’outil de rééducation en autonomie au domicile du patient par Axelle GELINEAU, doctorante au CHU de Limoges, et Hugo LANDAIS, référent innovation et E-santé de la Fondation de l’Avenir (en photo).

Pour aller plus loin :
> RGS@Home le site web : https://rgs-at-home.eu/
> Des formations introductives au HVC seront dispensées tout au long de 2022, (module de 10 H sur 5 semaines)
> Rapport en anglais du professeur Grégory KATZ pour l’Eit-Health: https://eithealth.eu/wp-content/uploads/2020/05/Implementing-Value-Based-Healthcare-In-Europe_web-4.pdf

Le replay de cette conférence sur notre chaine YouTube

[1] Le Value Based Health Care est une méthode indiquant qu’il faut orienter la mesure de la qualité des soins sur les indicateurs qui importent le plus au patient. En d’autres termes cela revient à devoir mesurer le gain de santé standardisé du patient sur les critères qui lui sont importants. La valeur est alors mesurée en divisant le gain de santé sur le coût du parcours de soins.