À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, célébrée ce 7 avril, la Fondation de l’Avenir a souhaité consacrer cette édition de sa newsletter au Baromètre Recherche Médicale (BRM). Un choix qui explique également cette parution exceptionnelle un mardi, car l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) nous invite pendant un an ainsi « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science ».
À cet appel, la Fondation de l’Avenir apporte depuis toujours une réponse exigeante : la santé ne progresse durablement que lorsque les acteurs de la recherche, du soin, du terrain avancent ensemble, avec les patients et, plus largement, la société. C’est dans cette articulation féconde entre innovation scientifique, besoins de santé et réalités humaines que la Fondation inscrit son action, fidèle à son ambition. La Fondation ouvre des voies nouvelles en santé en finançant des projets de recherche, mais pas seulement. Elle contribue à faire émerger les attentes collectives, convergentes ou différentes dans notre rapport à la science, à la prévention, à la participation et à l’innovation.
C’est l’objet du Baromètre Recherche Médicale, outil précieux pour éclairer les diagnostics et les évolutions du paysage de la santé. La 4e édition de l’enquête d’opinion, menée en février et mars 2026, permet de mieux comprendre la manière dont les Français, les médecins et d’autres professionnels de santé perçoivent la recherche, ses priorités, ses promesses, mais aussi les conditions de leur adhésion à ses évolutions.
Voici 3 enseignements marquants que le BRM permet de faire ressortir :
17% des Français (soit 4 points de plus qu’en 2024) expriment avoir une confiance totale en la recherche médicale, et se disent prêts à participer à une recherche médicale sans condition si un médecin ou une équipe de recherche le leur proposait. Une large majorité (67%) adopte une position plus nuancée, exprimant une confiance modérée et le besoin d’informations complémentaires avant d’accepter.
Parmi les champs prioritaires de recherche, la prévention en santé occupe toujours la première position parmi les médecins ; même si depuis 2024, on observe un repli de 5 points pour ces répondants, en grande partie compensé par un gain de 4 points en population générale.
Plusieurs affirmations proposées aux personnes interrogées révèlent un clivage persistant quant à la place du patient dans la recherche. Si, sur le principe, la participation des patients à la recherche fait plutôt consensus, les Français et les médecins restent contrastés :
– Les Français sont d’accord à 91% quand les médecins ne le sont qu’à 83% (soit 8 points supplémentaire par rapport à 2024) avec l’affirmation : « Il faut que le patient ait accès à tous les essais cliniques disponibles » ;
– Les Français affirment à 73% mais les médecins seulement à 50% que « Les orientations de la recherche médicale doivent être décidées en concertation avec les citoyens ».
Cette édition du BRM introduit des questions inédites sur le patient expert. Ce terme désigne un patient qui partage son expérience de la maladie et son vécu du parcours de soin, afin d’améliorer la production des connaissances et leur transfert pour la recherche et l’adaptation des prises en charge. De plus en plus mobilisé, son rôle est jugé pertinent et apprécié par les professionnels comme par les chercheurs.
Toutefois, le grand public méconnait le patient expert, et seul un tiers des médecins interrogés y sont familiers.
En choisissant de partager ces premiers enseignements à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, la Fondation de l’Avenir rappelle que la santé se construit autant dans les laboratoires et les lieux de soin que dans le lien entre les savoirs, les pratiques et les réalités vécues. C’est pourquoi elle agit concrètement pour une recherche exigeante, utile, ouverte sur la société et attentive aux évolutions du soin.
Le BRM se compose d’études de sondage, accompagnées d’études complémentaires abordant les problématiques spécifiques aux grandes questions contemporaines de la recherche médicale et en santé.
L’étude de sondage est reconduite tous les 2 ans, et pour cette 4ème édition, le panel des personnes interrogées se compose, dans les premiers résultats, de 1000 Français et de 201 médecins (80 généralistes et 121 spécialistes). Ils seront complétés prochainement de 100 sages-femmes, 100 infirmiers et 100 biologistes médicaux.
C’est dans cet esprit que la Fondation de l’Avenir, en partenariat avec l’Académie Nationale de Chirurgie, organise une séance commune dédiée à l’ouverture vers les soins durables, le 8 avril prochain, aux Cordeliers (Paris, 6ème). Ce temps d’échange réunira des experts de premier plan afin d’éclairer les transformations à l’œuvre et d’identifier des leviers d’action concrets pour construire un modèle de santé plus durable, éthique et équitable.
À l’heure où la soutenabilité du système de santé s’impose comme un impératif collectif, le bloc opératoire apparaît comme l’un leviers majeurs de transformation. Engager sa transition vers des pratiques moins consommatrices de ressources et génératrices des déchets, notamment du matériel à usage unique devient une condition essentielle pour concilier excellence des soins, sécurité des patients et responsabilité écologique.
Les échanges de bonnes pratiques sur des expériences et des initiatives, au bloc, et hors bloc, traduiront une transformation progressive et structurée vers un modèle plus soutenable, sans compromis sur l’exigence médicale.
Les dimensions éthiques, de transmission et de dialogue entre chercheurs, enseignants, soignants et patients sont par ailleurs garantes des pratiques de soin et de recherche ; elles s’inscrivent dans une démarche innovante pour pérenniser l’avenir des soins de santé et relever les défis pour prendre soin de tous.