Chirurgie digestive : innover pour améliorer la prise en charge

La chirurgie digestive peut faire partie des traitements préconisés dans le cadre de certaines pathologies. Les pratiques évoluent aujourd’hui grâce aux avancées de la recherche, que la Fondation de l’Avenir accompagne en soutenant des projets d’innovation, tournés vers l’amélioration de la prise en charge des patients.

Chirurgie viscérale et digestive : des interventions en augmentation

Des maladies digestives en forte progression

Un rapport commandé par United European Gastroenterology (UEG) met en évidence une augmentation marquée de plusieurs maladies digestives depuis les années 2000, telles que les maladies chroniques du foie, la pancréatite, le reflux gastro-œsophagien (RGO) ou encore la maladie cœliaque chez l’enfant. Dans les pays industrialisés, celles-ci progressent, notamment en raison du vieillissement de la population.

L’appareil digestif peut aussi être touché par des cancers, le cancer colorectal étant l’un des plus fréquents (3e cancer le plus fréquent chez l’homme et le 2e chez la femme), avec une incidence qui continue d’augmenter chez les femmes (+ 0,4 % par an entre 2010 et 2023).

Le cancer du pancréas, avec environ 14 000 nouveaux cas par an en France, fait également partie des cancers digestifs les plus courants, avec le cancer du foie, dont l’incidence et la mortalité par âge ont augmenté dans la majorité des pays européens depuis 2000. Sur la période 2000-2019, l’incidence des cancers digestifs a en effet progressé de 26 % en Europe, avec une hausse de la mortalité de 17 %.

Une progression alarmante de ces formes de cancer est en particulier observée chez les jeunes adultes.

Par ailleurs, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, touchent 300 000 personnes en France. Elles sont liées à une dérégulation du système immunitaire qui provoque une inflammation durable de la paroi du tube digestif. D’ici 2030, on estime que 400 000 patients en seront atteints.

L’obésité et d’autres facteurs de mode de vie modifiables contribuent très largement à l’augmentation des pathologies digestives.

Des interventions fréquentes et complexes

La chirurgie digestive et viscérale couvre les interventions liées au diagnostic et au traitement des affections se situant au niveau de l’abdomen et du pelvis. En chirurgie digestive, on retrouve :

  • la chirurgie du côlon : il peut s’agir par exemple d’une colectomie (à savoir l’ablation d’une partie ou de la totalité du côlon), d’une hémicolectomie (ablation de la moitié droite ou gauche du côlon) ou d’une sigmoïdectomie (ablation de la dernière partie du gros intestin) ;
  • la chirurgie du foie : on retrouve l’hépatectomie (ablation d’une partie du foie), la segmentectomie hépatique (ablation ciblée d’un segment du foie), la lobectomie hépatique (ablation complète d’un lobe du foie, droit ou gauche) ou encore la transplantation hépatique (remplacement du foie malade par un foie sain) ;
  • la chirurgie du pancréas : elle peut consister en une duodénopancréatectomie céphalique (intervention de Whipple avec ablation de la tête du pancréas, du duodénum et parfois d’une partie de l’estomac et des voies biliaires), en une pancréatectomie distale (ablation de la partie gauche du pancréas, parfois associée à la rate), ou encore en une pancréatectomie totale (ablation complète du pancréas). Il existe aussi l’énucléation pancréatique (ablation ciblée d’une petite tumeur en préservant le reste du pancréas) et les dérivations bilio-digestives ou pancréatiques, qui ont pour but de contourner une obstruction des voies digestives ou biliaires causée par une tumeur ;
  • la chirurgie bariatrique : elle comprend des procédures qui aident à perdre du poids et à améliorer l’état de santé, comme la sleeve (résection d’une grande partie de l’estomac pour réduire sa capacité et diminuer la sensation de faim), le bypass gastrique (création d’une petite poche gastrique reliée directement à l’intestin, ce qui réduit l’absorption des aliments et entraîne une perte de poids), l’anneau gastrique ajustable (pose d’un anneau autour de la partie supérieure de l’estomac pour en réduire le volume, avec un dispositif réglable), le bypass en Y (variante du bypass gastrique qui modifie le circuit digestif pour limiter l’absorption des nutriments et favoriser la perte de poids) et la dérivation biliopancréatique (intervention plus complexe qui réduit fortement l’absorption des graisses et des calories).

Des parcours de soins encore inégaux

Les parcours de soins en chirurgie digestive restent encore inégaux aujourd’hui en raison de plusieurs facteurs.

Des disparités territoriales limitent par exemple l’accès à certains centres spécialisés. Les délais de consultation, de diagnostic ou d’intervention peuvent ainsi varier selon les régions.

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La coordination entre les différents professionnels de santé peut aussi parfois être insuffisante. Le parcours doit en effet impliquer plusieurs acteurs (médecin traitant, gastro-entérologue, chirurgien, oncologue, rééducateur, infirmiers et infirmières…), et le manque de coordination peut entraîner des retards ou des ruptures dans le suivi.

Les inégalités socio-économiques influencent également l’accès aux soins et au suivi.

Enfin, les pratiques varient selon les établissements et le suivi après l’intervention n’est pas toujours suffisamment structuré, ce qui peut impacter la qualité de la prise en charge.

La révolution des technologies chirurgicales digestives

La chirurgie digestive mini-invasive et robotique

La chirurgie mini-invasive a profondément transformé les pratiques de chirurgie digestive. La cœlioscopie notamment, réalisée à travers de petites incisions, permet de limiter les traumatismes chirurgicaux, de réduire la douleur post-opératoire, les complications et la durée d’hospitalisation.

De plus, la robotique chirurgicale apporte une précision supplémentaire grâce à une vision en 3D et à des instruments articulés. Elle est particulièrement utile pour atteindre des zones anatomiques complexes.

L’imagerie et l’intelligence artificielle au bloc

L’imagerie peropératoire réalisée à l’aide d’une échographie, d’une IRM, d’un scanner ou de techniques de fluorescence, permet de visualiser les structures en temps réel lors de l’intervention. Elle aide alors le chirurgien à adapter ses gestes et à réaliser une intervention précise et la plus rapide possible.

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L’intelligence artificielle commence également de plus en plus à être intégrée, en particulier pour analyser les images et assister la prise de décision.

Les systèmes robotiques avec IA sont très précis dans la chirurgie digestive. La technologie assure une meilleure visualisation et manipulation des tissus, primordiales pour des interventions si délicates.

Adapter l’intervention de chirurgie digestive au profil du patient

La révolution des technologies en chirurgie digestive permet d’adapter les interventions au profil du patient à plusieurs niveaux, en amont, pendant et après l’opération.

En amont, l’intelligence artificielle permet d’analyser finement les données du patient (imagerie, caractéristiques de la maladie, état de santé global) afin de proposer une stratégie opératoire personnalisée. Certains dispositifs récents, comme le robot Da Vinci 5, illustrent cette évolution en générant un plan opératoire adapté à partir des images du patient, notamment dans le traitement de certaines tumeurs abdominales.

Pendant l’intervention, ces technologies offrent une assistance en temps réel au chirurgien, avec une meilleure visualisation et une précision accrue des gestes, permettant d’ajuster l’opération à l’anatomie propre de chaque patient.

Enfin, après l’opération, l’analyse des données recueillies permet d’anticiper les complications et d’adapter le suivi.

Accélérer la récupération après l’opération

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Le concept ERAS (Enhanced Recovery After Surgery), ou récupération améliorée après chirurgie, correspond à un ensemble de pratiques médicales organisées avant, pendant et après une intervention, pour favoriser un rétablissement plus rapide et plus sûr du patient.

En chirurgie digestive, ces protocoles reposent sur une prise en charge globale et coordonnée.

Avant l’opération, le patient est préparé (information, optimisation de l’état nutritionnel, activité physique adaptée).

Pendant l’intervention, les techniques sont choisies pour limiter le stress chirurgical (chirurgie mini-invasive, gestion précise de l’anesthésie et des fluides). Après l’opération, l’objectif est de permettre une reprise rapide des fonctions normales, avec une mobilisation précoce, une réalimentation rapide et une gestion optimisée de la douleur.

Cette approche permet de réduire les complications, la durée d’hospitalisation et d’améliorer la récupération, tout en impliquant davantage le patient dans son parcours de soins.

La recherche au cœur des progrès en chirurgie digestive

Comprendre les maladies digestives pour mieux les opérer

Les progrès en chirurgie digestive reposent sur une meilleure compréhension des mécanismes des maladies. La recherche translationnelle permet de faire le lien entre les découvertes fondamentales et leur application clinique. Elle explore notamment :

  • les biomarqueurs,
  • le rôle du microbiote intestinal,
  • les mécanismes de progression des tumeurs et des lésions.

Dans ce domaine, un projet soutenu par la Fondation de l’Avenir cherche à améliorer les fonctions hépatiques des greffons en cas de transplantation pour réduire les risques de rejets.

Redéfinir les stratégies thérapeutiques grâce aux essais cliniques

Les essais cliniques en chirurgie digestive permettent de comparer de manière rigoureuse différentes stratégies thérapeutiques afin d’identifier celles qui offrent les meilleurs résultats selon les situations. Ils évaluent par exemple l’intérêt d’une chirurgie seule par rapport à des approches combinées associant chirurgie, chimiothérapie ou radiothérapie dans les cancers digestifs.

Ces études permettent de préciser le moment le plus pertinent pour intervenir (avant ou après un traitement médical), de sélectionner les patients qui bénéficieront réellement d’une chirurgie et d’éviter des interventions lorsque d’autres options sont plus adaptées.

L’importance des collaborations interdisciplinaires

Les avancées en chirurgie digestive reposent sur une collaboration étroite entre différents spécialistes :

  • chirurgiens
  • oncologues
  • biologistes
  • ingénieurs
  • spécialistes des données
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Découvrez un autre projet soutenu par la Fondation de l’Avenir combinant médecine, biologie, ingénierie tissulaire et technologies avancées, dont l’objectif est de valider un procédé de fabrication d’une matrice œsophagienne humaine (une solution moins agressive dans le cadre d’un remplacement partiel de l’œsophage).

Vers une chirurgie viscérale et digestive plus humaine

Co-construire des parcours de soins avec les patients

Le patient est désormais davantage impliqué dans les décisions qui le concernent. L’information médicale est adaptée pour permettre une meilleure compréhension des traitements, de leurs bénéfices et de leurs risques. Cette co-construction améliore significativement l’adhésion aux soins mais aussi la récupération post-chirurgie.

Qualité de vie et retour à la vie sociale après une chirurgie digestive

Après une chirurgie digestive, la reprise de la vie sociale s’inscrit dans un processus progressif : récupération des fonctions digestives et gestion de l’alimentation, ajustements au quotidien en cas de troubles digestifs transitoires ou de fatigue. Grâce à un accompagnement adapté (suivi médical, conseils nutritionnels, soutien paramédical) les patients retrouvent petit à petit leurs repères et leurs activités, de manière plus ou moins rapide selon le type de chirurgie et de pathologie.

Soutenir une recherche utile

Les avancées en chirurgie digestive reposent sur une recherche clinique ancrée dans la pratique, qui permet d’améliorer les techniques opératoires et la récupération des patients. Depuis 1987, la Fondation de l’Avenir soutient des projets concrets pour faire évoluer la prise en charge des pathologies digestives.

Faites un don à la Fondation, et contribuez à une recherche utile, au service des patients d’aujourd’hui et de demain.