Cancer du foie : comprendre l’alerte des maladies métaboliques

Le cancer du foie, aussi appelé carcinome hépatocellulaire, est une tumeur maligne qui se développe à partir des cellules du foie (hépatocytes). Longtemps silencieux et souvent diagnostiqué à un stade avancé, il représente aujourd’hui un enjeu important de la recherche, notamment en lien avec les maladies métaboliques. La Fondation de l’Avenir soutient la recherche clinique pour améliorer le dépistage précoce, les traitements et la prise en charge des patients.

Cancer du foie : une incidence en hausse liée aux maladies chroniques

Chiffres clés du cancer du foie en France et dans le monde

En 2023, on estime à 11 658 le nombre de nouveaux cas de cancer du foie en France : 76 % concernent des hommes (8 874 hommes contre 2 784 femmes).

Selon les dernières estimations mondiales, 905 700 personnes ont été diagnostiquées atteintes d’un cancer du foie et 830 200 personnes en sont décédées en 2020.

Le cancer du foie est l’une des trois principales causes de décès par cancer dans le monde et se positionne parmi les cinq premières dans 90 pays à travers le monde selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Hépatites, alcool, NASH : les principaux facteurs de risque

Le cancer du foie peut survenir au cours de l’évolution d’une maladie chronique, en particulier la cirrhose. Cette dernière est une maladie le plus souvent causée par une consommation excessive d’alcool et elle est, dans 9 cas sur 10, responsable du cancer primitif du foie.

La cirrhose du foie a une évolution lente et peut aussi survenir à la suite d’une hépatite virale chronique (hépatite B ou C) ou d’un syndrome métabolique comme la stéatose hépatique (aussi appelée « foie gras non alcoolique », « maladie du foie gras », « maladie du soda » ou « NASH »). La cirrhose peut par ailleurs se développer à cause d’une maladie génétique qui entraîne un excès de fer sur le long terme (l’hémochromatose).

L’alcool est le principal facteur de risque des cancers du foie. Selon l’Institut National du Cancer, il est responsable de 48 % des nouveaux cas de cancers du foie. Il existe d’autres facteurs de risque pouvant accroître le risque de déclarer la maladie, à savoir :

Il est très rare qu’un cancer du foie se développe sur un foie non malade ou sans la présence d’un des facteurs de risque.

Inégalités de dépistage et diagnostic tardif du cancer du foie

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Le diagnostic du cancer du foie est encore aujourd’hui beaucoup trop tardif. De nombreux patients ne bénéficient pas d’un suivi régulier, notamment lorsqu’ils présentent des facteurs de risque métaboliques, encore sous-diagnostiqués.

De plus, les inégalités d’accès au dépistage sont marquées, tant au niveau territorial que socio-économique. Certains patients atteints de maladies chroniques du foie ne sont pas intégrés dans des parcours de surveillance adaptés, ce qui retarde la détection des lésions cancéreuses.

Les classes sociales les plus défavorisées sont également plus exposées à certains facteurs de risque (alcoolisme, tabagisme…).

Dans ce contexte, la recherche soutenue par la Fondation de l’Avenir vise à améliorer l’organisation des soins et à développer des outils qui permettraient un repérage plus précoce des patients à risque, et à terme de réduire ces inégalités pour optimiser les chances de prise en charge.

Détecter plus tôt pour améliorer le pronostic

Symptômes souvent silencieux

La découverte d’un cancer du foie arrive souvent lors du suivi de la cirrhose du foie.

Elle peut également se faire chez une personne qui en apparence est en bonne santé, mais dont certains signaux d’alerte sont le reflet d’une maladie déjà avancée :

  • fatigue,
  • perte d’appétit ou nausées,
  • douleurs abdominales,
  • accumulation de liquide dans l’abdomen (ascite),
  • masse détectée au niveau du foie, sous les côtes,
  • jaunisse (ou ictère), qui entraîne une coloration jaunâtre de la peau et du blanc des yeux, des démangeaisons de la peau (prurit) et une teinte plus foncée des urines,
  • confusion et tremblements.

Cette évolution silencieuse souligne l’importance d’une vigilance accrue chez les personnes à risque et d’un suivi médical régulier.

Surveillance des patients à risque

Chez les patients atteints de cirrhose ou de maladies hépatiques chroniques, une surveillance est recommandée tous les six mois. Elle repose principalement sur une échographie du foie, qui permet de voir si une masse suspecte ou un nodule apparaît sur le foie, et sur le dosage de l’alpha-foetoprotéine (AFP) dans le sang, un biomarqueur habituellement élevé en cas de cancer du foie.

Cette surveillance permet de détecter des lésions à un stade précoce, où les traitements sont plus efficaces.

Imagerie et biomarqueurs émergents

Pour diagnostiquer la maladie et réaliser un bilan d’extension, un certain nombre d’examens médicaux peuvent être réalisés. L’IRM (imagerie par résonance magnétique) fait partie des imageries prescrites systématiquement. En effet, elle permet aujourd’hui de caractériser de plus en plus finement les lésions hépatiques éventuelles.

Parallèlement, de nouveaux biomarqueurs émergent, notamment grâce aux avancées en biologie moléculaire. De nouvelles techniques comme la biopsie liquide, qui consiste à analyser des fragments d’ADN tumoral circulant dans le sang, pourrait prochainement permettre une détection plus précoce et moins invasive du cancer du foie.

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L’intelligence artificielle (IA) en radiologie aide désormais à analyser les images médicales avec plus de précision.

Ces innovations, au croisement de la médecine et des technologies, s’inscrivent pleinement dans les priorités de la Fondation de l’Avenir, qui soutient des projets visant à rendre ces outils accessibles et utiles dans la pratique clinique. Elle finance d’ailleurs actuellement plusieurs projets qui reposent sur l’utilité de l’IA. La Fondation cherche notamment à améliorer la prédiction de l’invasion vasculaire chez les patients (un facteur pronostique majeur pour la survie des patients et la récidive tumorale après traitement), mais aussi à mieux identifier des sous-groupes de patients réceptifs à l’administration d’agents immunomodulateurs.

Elle soutient également aujourd’hui un projet pour valider un outil d’intelligence artificielle qui serait capable d’analyser des images de tissus (lames histologiques), afin d’identifier les patients qui répondront le mieux à ces traitements du foie.

Immunothérapie et médecine de précision : une nouvelle ère thérapeutique

Traitements actuels du cancer du foie et limites

Quatre grands types de traitements sont utilisés pour prendre en charge un cancer primitif du foie :

  • la chirurgie par ablation partielle du foie : cette opération consiste à retirer la partie du foie sur laquelle la tumeur s’est développée. Cette résection chirurgicale, aussi appelée « hépatectomie partielle », est le traitement principal pour les cas de cancer survenant sur un foie sain ou au cours d’une cirrhose qui n’affecte pas le fonctionnement du foie ;
  • la greffe de foie : la transplantation hépatique consiste à retirer le foie malade et à le remplacer par un foie ou un morceau de foie sain ;
  • la radiofréquence : il s’agit d’un traitement qui détruit la tumeur par la chaleur, à travers la peau. Cette technique de destruction tumorale percutanée est réalisée sous anesthésie générale par un radiologue interventionnel spécialisé. Outre la radiofréquence, le traitement par cryothérapie peut aussi être préconisé ;
  • la chimiothérapie : elle peut faire suite à la chirurgie. Le protocole de référence est la prescription de capécitabine, pendant une durée de six mois après l’hépatectomie. Si le traitement n’a pas débuté par une chirurgie, le médecin peut opter pour une chimiothérapie intra-artérielle hépatique, à savoir l’administration du médicament de chimiothérapie par un cathéter à chambre, placé dans l’artère hépatique.
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De manière générale, les traitements sont décidés et limités selon l’état du foie et la localisation des tumeurs : la chirurgie par ablation partielle du foie permet d’enlever la tumeur lorsque le foie fonctionne encore normalement, la greffe de foie est préconisée lorsque le foie ne fonctionne plus normalement et la destruction à travers la peau dépend de localisation des tumeurs.

Immunothérapie et combinaisons innovantes

L’immunothérapie représente une avancée majeure dans le traitement du cancer du foie. Elle consiste à stimuler le système immunitaire pour qu’il reconnaisse et combatte les cellules cancéreuses. Certaines associations de traitements, combinant immunothérapie et thérapies ciblées, ont montré des résultats encourageants en termes de survie et de qualité de vie.

Une autre technique de plus en plus utilisée, la chimioembolisation, associe un traitement de chimiothérapie à l’embolisation, autrement dit le blocage du sang qui alimente la tumeur. Cette technique est mini invasive, car elle ne nécessite pas d’ouvrir l’abdomen (le produit étant transporté vers le foie par un vaisseau sanguin).

Essais cliniques et recherche translationnelle

Les essais cliniques permettent d’évaluer l’efficacité et la sécurité des innovations thérapeutiques dans des conditions rigoureuses. Aujourd’hui, on retrouve notamment beaucoup d’essais cliniques qui portent sur l’évaluation de l’efficacité de la combinaison de multiples immunothérapies pour traiter les cancers avancés.

La recherche translationnelle, qui fait le lien entre les découvertes fondamentales et leur application en pratique médicale, est également un levier fondamental pour accélérer le passage de l’innovation à la prise en charge des patients.

En soutenant des projets sur tout le territoire, la Fondation de l’Avenir contribue à renforcer cette dynamique, en rapprochant chercheurs, soignants et patients autour d’un objectif commun : améliorer les solutions et les résultats thérapeutiques pour guérir les personnes atteintes du cancer du foie.

La Fondation finance d’ailleurs actuellement un projet dont l’objectif est d’étudier l’utilisation des sucres naturels issus d’algues pour contrer le développement du cancer du foie.

Patients et prévention : mobiliser pour changer la trajectoire

Participation aux essais et consentement éclairé

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Dans le cancer du foie, la participation des patients aux essais cliniques contribue aux avancées de la recherche et à l’amélioration des traitements. Ces études, encadrées par des protocoles stricts, reposent sur le consentement libre et éclairé des participants. Cette exigence garantit le respect des droits des patients et favorise une relation de confiance avec les équipes médicales. Elle s’inscrit dans une démarche éthique essentielle au développement de la recherche clinique.

Prévention des maladies hépatiques chroniques

Prévenir le cancer du foie, c’est avant tout prévenir les maladies hépatiques chroniques. Cela passe par la vaccination contre l’hépatite B, le dépistage et le traitement des hépatites virales, mais aussi par des actions sur les modes de vie.

La lutte contre l’obésité, la promotion d’une alimentation équilibrée et la réduction de la consommation d’alcool sont cruciales pour limiter l’apparition de la NASH et, à terme, du cancer du foie.

Ces actions de prévention nécessitent une mobilisation collective, impliquant les professionnels de santé, les institutions et les citoyens.

Soutenir la recherche pour améliorer l’espérance de vie

Face à l’augmentation des cancers du foie liés aux maladies métaboliques, la recherche médicale est déterminante pour aider à mieux comprendre la maladie, à améliorer le dépistage précoce et à développer des traitements plus efficaces.

La Fondation de l’Avenir, entièrement financée par la générosité privée et agréée par le comité de la charte pour le Don en confiance, contribue à faire progresser la médecine au bénéfice de tous.

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