Les maladies du métabolisme regroupent des pathologies chroniques liées à un dérèglement des mécanismes par lesquels l’organisme transforme et utilise l’énergie. Leur fréquence a fortement augmenté au cours des dernières décennies, en France comme dans le monde. Leur compréhension mobilise aujourd’hui des recherches biologiques, cliniques et sociales, afin d’améliorer la prévention, les parcours de soins et l’accompagnement des personnes concernées.
En 2022, selon le Ministère de la Santé, plus de 4,3 millions de Français étaient identifiés comme diabétiques par l’assurance maladie. La Fondation de l’Avenir finance chaque année de nombreux projets de recherche, pour mieux comprendre et prendre en charge cette maladie encore…
L’obésité est une pathologie qui touche de plus en plus de personnes dans le monde et elle est fortement associée à plus de 250 autres pathologies, dont le diabète, les maladies cardiaques et d’autres maladies non transmissibles (MNT). Elle a des conséquences à la fois physiques,…
Les maladies du métabolisme figurent parmi les affections chroniques les plus répandues à l’échelle mondiale. En 2023, dans le Baromètre Recherche médicale de la Fondation de l’Avenir, elles figuraient en 3e position des priorités en matière de recherche pour le corps médical.
Le diabète concerne aujourd’hui près de 600 millions d’adultes, un chiffre qui a plus que triplé depuis les années 1980. L’obésité a connu une évolution comparable : depuis 1975, sa prévalence mondiale a été multipliée par trois, touchant désormais près d’un adulte sur huit. En France, environ 17 % des adultes sont en situation d’obésité et près de 4 millions de personnes vivent avec un diabète diagnostiqué.
Ces maladies s’inscrivent le plus souvent dans la durée. Elles exposent à des complications cardiovasculaires, rénales ou neurologiques et influencent durablement la qualité de vie. Leur impact ne se limite pas au champ médical : elles pèsent sur l’organisation des soins, les trajectoires professionnelles et les conditions de vie des personnes concernées.
Sur le plan biologique, les maladies du métabolisme résultent d’un dysfonctionnement des processus permettant à l’organisme de produire, stocker et utiliser l’énergie issue des nutriments. Le métabolisme repose sur un ensemble de réactions hormonales et enzymatiques qui régulent notamment la glycémie, le stockage des graisses et l’utilisation des lipides.
Dans le diabète de type 2, le plus fréquent, les cellules deviennent progressivement moins sensibles à l’insuline, hormone indispensable à l’entrée du glucose dans les tissus. Cette insulinorésistance entraîne une élévation chronique de la glycémie, à laquelle s’associent souvent des anomalies du métabolisme lipidique et une accumulation de tissu adipeux, en particulier au niveau abdominal. L’obésité et le syndrome métabolique illustrent cette imbrication entre déséquilibres hormonaux, inflammation chronique de bas grade et facteurs génétiques.
La recherche biomédicale a permis d’améliorer la compréhension de ces mécanismes et d’identifier des marqueurs biologiques utiles au diagnostic et au suivi. Toutefois, ces dimensions physiologiques ne suffisent pas à expliquer l’augmentation rapide de ces maladies.
Les sciences sociales ont largement contribué à montrer que les maladies du métabolisme sont étroitement liées aux conditions de vie. Les recherches épidémiologiques soulignent l’existence d’un gradient social : le diabète, l’obésité et le syndrome métabolique sont plus fréquents dans les populations exposées à des conditions socio-économiques défavorables.
La sociologie de la santé s’est intéressée aux pratiques alimentaires et à leur transformation sous contrainte médicale. Des enquêtes qualitatives menées auprès de personnes diabétiques montrent que les recommandations nutritionnelles sont rarement appliquées de manière uniforme. Elles sont négociées au quotidien, en fonction des habitudes culturelles, du budget, de la vie familiale ou du rythme de travail. Ces travaux mettent en évidence les écarts entre prescriptions médicales et pratiques réelles, sans les réduire à un manque de volonté individuelle.
D’autres recherches analysent les effets du travail, du stress chronique et de la précarité sur le risque métabolique. L’exposition à des horaires atypiques, à des emplois physiquement contraignants ou à une insécurité professionnelle est associée à des perturbations métaboliques, notamment via le sommeil, l’alimentation et la régulation hormonale. L’économie de la santé souligne également que les maladies métaboliques peuvent, en retour, accentuer les inégalités sociales en affectant l’accès à l’emploi et la stabilité des parcours professionnels.
Face à cette complexité, la recherche médicale appliquée s’attache à faire évoluer les stratégies de prévention, de diagnostic et de prise en charge. Des progrès ont été réalisés dans le dépistage précoce des troubles métaboliques, notamment par l’identification de profils à risque avant l’apparition de complications.
L’innovation concerne également l’organisation des soins. Les maladies du métabolisme nécessitent une prise en charge prolongée, souvent multidisciplinaire, associant médecins, soignants, diététiciens et autres professionnels. Les recherches sur les parcours de soins montrent l’importance de la coordination, de la continuité du suivi et de l’adaptation des interventions aux contextes de vie des personnes.
Ces évolutions reposent sur des projets de recherche ancrés dans la pratique clinique, capables d’intégrer les dimensions biologiques, sociales et organisationnelles des maladies métaboliques.
Vivre avec une maladie du métabolisme implique des ajustements permanents : traitements au long cours, surveillance régulière, adaptations alimentaires et organisationnelles. Cette expérience quotidienne constitue une source de connaissances à part entière.
La notion de patient-partenaire s’inscrit dans cette reconnaissance. Elle repose sur l’idée que les personnes concernées peuvent contribuer activement à leur parcours de soins et à certaines démarches de recherche, en partageant leur expérience et leurs priorités. Les travaux en sciences sociales montrent que cette implication peut améliorer la compréhension des obstacles à l’adhésion aux traitements et éclairer les conditions nécessaires à des accompagnements plus adaptés.
Associer les savoirs médicaux, les apports des sciences sociales et l’expérience des patients permet d’enrichir la compréhension des maladies du métabolisme. Cette approche contribue à des prises en charge plus attentives aux réalités vécues et à l’amélioration de la qualité de vie, dans une perspective de recherche appliquée tournée vers les besoins concrets des personnes.