L’insuffisance cardiaque est une maladie cardiovasculaire qui se traduit par une incapacité du cœur à assurer un débit sanguin suffisant pour subvenir aux besoins de l’organisme. Grâce aux progrès de la recherche, de nouvelles solutions diagnostiques et thérapeutiques permettent d’améliorer continuellement la prise en charge des patients. Depuis sa création, la Fondation de l’Avenir soutient des projets qui contribuent à faire émerger ces innovations au service de la santé cardiaque de demain.
Plus de 64 millions de personnes vivent avec cette maladie dans le monde. En France, près de 1,5 million de personnes sont concernées.
Selon l’Assurance Maladie, environ 120 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Son incidence augmente fortement avec l’âge, mais même les enfants peuvent être touchés. Selon les informations recueillies grâce au Système national des données de santé (SNDS) en 2022, on estime une prévalence de 2,6 % dans la population adulte, l’âge moyen au moment de l’hospitalisation étant plus élevé chez les femmes (83,3 ans) que chez les hommes (77,7 ans).
On observe une progression du nombre de cas au fil des années. Cela s’explique notamment par le vieillissement de la population, mais aussi par les progrès réalisés en sensibilisation et l’amélioration des traitements de l’infarctus du myocarde et d’autres maladies cardiovasculaires.
Les patients survivent davantage à ces événements, mais certains développent ensuite une insuffisance cardiaque chronique en raison des lésions laissées sur le muscle cardiaque.
L’impact est également très important pour le système de santé. Selon l’Assurance Maladie, en 2022, 181 178 adultes ont été hospitalisés pour insuffisance cardiaque et en 2023, 655 800 personnes étaient prises en charge pour des formes chroniques.
La Fondation de l’Avenir met régulièrement en place des événements de sensibilisation. L’événement « Au Cœur du Jeu », organisé avec la Ligue Nationale de Basket du 17 janvier au 22 février 2026, proposait une série d’actions pédagogiques, alliant sensibilisation et passion du sport dans des clubs de Betclic Élite et d’Élite 2. Le but était de mettre en lumière les problèmes de santé liés aux insuffisances cardiaques.
L’insuffisance cardiaque correspond à une altération de la capacité du cœur à assurer ses fonctions. Lorsqu’il devient moins performant, le cœur ne parvient plus à maintenir un débit adapté aux besoins de l’organisme.
Cette altération peut être liée à différentes maladies cardiovasculaires, telles que :
Pour tenter de compenser cette perte d’efficacité, l’organisme met en place plusieurs mécanismes d’adaptation, comme l’augmentation de la fréquence cardiaque, l’activation hormonale et le remodelage du muscle cardiaque.
Si ces réactions permettent dans un premier temps de maintenir un débit sanguin suffisant, elles deviennent progressivement délétères et accélèrent l’évolution de la maladie. Les principaux symptômes apparaissent alors : essoufflement, fatigue, diminution de la tolérance à l’effort et accumulation de liquide dans les jambes ou les poumons.
Les connaissances acquises au cours des dernières années permettent aujourd’hui d’identifier plus précisément les personnes les plus exposées au risque de développer une insuffisance cardiaque. L’âge est l’un des principaux facteurs de risque, mais plusieurs maladies chroniques augmentent également cette probabilité.
L’hypertension artérielle (tension artérielle trop élevée) constitue le premier facteur modifiable. Lorsqu’elle reste insuffisamment contrôlée pendant plusieurs années, elle sollicite excessivement le muscle cardiaque et favorise son affaiblissement.
Le diabète, l’obésité, les maladies coronaires, certains troubles du rythme, les maladies rénales chroniques ou encore le tabagisme contribuent également à augmenter ce risque.
L’identification précoce de ces profils permet de mettre en place des mesures de prévention. Le contrôle de la pression artérielle, l’équilibre du diabète, l’arrêt du tabac, une alimentation équilibrée, la pratique régulière d’une activité physique adaptée et la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires permettent de limiter l’apparition de la maladie.
Le diagnostic de l’insuffisance cardiaque repose aujourd’hui sur l’association de l’examen clinique, des biomarqueurs sanguins et de l’imagerie cardiaque. Parmi les biomarqueurs les plus utilisés, on retrouve le peptide natriurétique de type B (BNP) et le fragment N-terminal du proBNP (NT-proBNP), deux protéines libérées lorsque le muscle cardiaque est soumis à une pression excessive. Leur dosage sanguin contribue au diagnostic et à l’évaluation du pronostic.
L’échocardiographie constitue ensuite l’examen de référence. Grâce aux ultrasons, elle permet de visualiser les cavités cardiaques, d’évaluer la force de contraction du ventricule gauche, le fonctionnement des valves et les anomalies responsables de l’insuffisance cardiaque.
Lorsque des informations plus précises sont nécessaires, l’IRM cardiaque complète le bilan. Cet examen offre une visualisation très détaillée du muscle cardiaque et permet notamment d’identifier des cicatrices laissées par un infarctus, une inflammation ou certaines maladies du muscle cardiaque. Ces données contribuent à mieux caractériser la maladie et à adapter la stratégie thérapeutique.
La recherche soutenue par la Fondation de l’Avenir participe également à cette médecine de précision. Au CHU Toulouse Rangueil, le Dr Jean Porterie étudie des biomarqueurs capables de prédire les complications après une chirurgie de remplacement valvulaire.
L’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour détecter l’insuffisance cardiaque. En analysant simultanément de grandes quantités de données médicales (électrocardiogrammes, examens d’imagerie, dossiers médicaux ou résultats biologiques), les algorithmes sont capables d’identifier des anomalies parfois imperceptibles à l’œil humain.
Ces outils n’ont pas vocation à remplacer les cardiologues, mais à les assister dans leur pratique quotidienne. En facilitant le dépistage des patients les plus à risque et en améliorant la précision du diagnostic, ils pourraient permettre d’initier les traitements plus tôt et de limiter l’évolution de la maladie.
Le suivi des patients ne s’arrête plus aux consultations. Les progrès de la télémédecine permettent aujourd’hui une surveillance continue directement au domicile : balances connectées, tensiomètres, électrocardiogrammes portables ou dispositifs implantables, sont des dispositifs désormais capables de mesurer différentes pressions intracardiaques et de transmettre des informations aux équipes médicales.
Cette surveillance à distance facilite une adaptation précoce des traitements et contribue à réduire les hospitalisations répétées, qui représentent l’un des principaux enjeux de l’insuffisance cardiaque chronique.
Ces outils connectés renforcent également le lien entre les patients et les équipes soignantes, en favorisant un suivi plus réactif et plus personnalisé.
Les gliflozines, une révolution thérapeutique inattendue
Initialement développées pour traiter le diabète de type 2, les gliflozines (ou inhibiteurs du SGLT2) ont révolutionné la prise en charge de l’insuffisance cardiaque. Les grands essais cliniques internationaux DAPA-HF et EMPEROR-Reduced ont montré que ces médicaments réduisent significativement le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque et de décès d’origine cardiovasculaire, y compris chez des patients ne présentant pas de diabète.
Ces résultats ont conduit les sociétés savantes européennes et américaines à les intégrer parmi les traitements de première intention de l’insuffisance cardiaque.
Lorsque les traitements médicamenteux ne suffisent plus, d’autres approches thérapeutiques peuvent être envisagées.
Les dispositifs d’assistance ventriculaire gauche (LVAD) permettent par exemple, grâce à une pompe implantée chirurgicalement, de soutenir mécaniquement la circulation sanguine chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque avancée, en attendant une transplantation cardiaque ou, dans certains cas, comme traitement de longue durée.
L’implantation d’un cœur artificiel total est aussi l’une des plus grandes avancées de ces dernières années. En 2021, une femme avait pour la première fois bénéficié de ce type de modèle. Réservé aux malades graves, il remplace totalement le cœur biologique qui présentait le risque d’être rejeté par le système immunitaire.
Parallèlement aux dispositifs mécaniques, la médecine régénérative ouvre de nouvelles perspectives. La thérapie génique, qui consiste à introduire du matériel génétique dans des cellules pour soigner une maladie, utilise par exemple des vecteurs viraux. L’objectif est de restaurer certaines fonctions des cellules cardiaques pour améliorer durablement la contraction du cœur. Leur usage présente cependant des obstacles, comme la réponse immunitaire et la toxicité quand ils sont utilisés à forte dose.
La Fondation de l’Avenir accompagne également la recherche pour la régénération du cœur. Le Pr Ara Parlakian par exemple, développe une approche originale fondée sur la stimulation électromagnétique répétée pour activer des voies de signalisation impliquées dans la régénération des cellules cardiaques.
La réhabilitation cardiaque constitue aujourd’hui un élément encore trop peu utilisé du traitement de l’insuffisance cardiaque. Encadrée par une équipe pluridisciplinaire, elle
associe un programme d’activité physique adaptée, une éducation thérapeutique et un accompagnement du patient dans l’objectif de mieux contrôler les facteurs de risque cardiovasculaires.
De nombreuses études ont montré qu’elle améliore la capacité à l’effort, réduit les symptômes, diminue le risque de réhospitalisation et favorise une meilleure qualité de vie.
Les patients occupent une place prépondérante dans la recherche clinique. Leur participation ne se limite plus à tester un nouveau traitement : ils contribuent également à la conception des protocoles, à l’élaboration des documents d’information et à l’identification de critères d’évaluation qui reflètent davantage leur vie au quotidien avec la maladie, leur autonomie ou leurs symptômes.
Éducation thérapeutique : mieux vivre avec l’insuffisance cardiaque
Vivre avec une insuffisance cardiaque nécessite aussi une implication quotidienne du patient. Les programmes d’éducation thérapeutique peuvent l’aider à mieux comprendre sa maladie, à reconnaître les signes d’alerte d’une décompensation, à suivre correctement ses traitements et à adopter des habitudes favorables à sa santé. Une prise de poids rapide, un essoufflement inhabituel ou l’apparition d’œdèmes doivent par exemple le conduire à consulter rapidement pour éviter une aggravation nécessitant une hospitalisation.
La recherche sur l’insuffisance cardiaque mobilise des cardiologues, biologistes, ingénieurs, spécialistes de l’intelligence artificielle, chercheurs en biomatériaux, patients partenaires et donateurs autour d’un objectif commun : proposer des traitements plus efficaces, des diagnostics plus précoces et des parcours de soins plus personnalisés.
Faites un don à la Fondation de l’Avenir et contribuez à faire émerger les innovations qui amélioreront la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies cardiovasculaires de demain !